‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 330 sur 454 · MORALE DES ATHÉES · texte numérisé non relu

MORALE DES ATHÉES

(T. V, p. 44, Jugement sur les Œuvres de Shaflsbury.)

(Nouveaux essais sur l'en: endement humain p. 160.)

S'il n'y a rien à espérer au delà du tombeau, mangeons, buvons, jouissons de tout re qui nous fait plaisir, car demain nous mourrons. [Isa. xxn, 13. ) Il y a pourtant quelque chose à dire à cette conséquence. Aristole et les stoïciens,

et plusieurs anciens

v aurait rien au d« tranquillité de l'âme et la santé du corps ne laisseraient pas d'être préférables aux plaisirs qui v sont contraires. Et ce n'est pas là une raison de négliger un bien parce qu il ne durera pas toujours. Mais j'avoue qu'il y a des cas où il n'y aurait pas moyen de démontrer que le plus honnête serait aussi le plus utile. C'est donc la seule considération de Dieu et de l'immortalité qui rend ies obligations de la vertu et de la justice absolument indispensables...

En général, si tout était borné a ce moment présent, il n'y aurait point de raison de se refuser le plaisir qui se présente. En effet, j'ai remarqué que tout plaisir est un

voulu montrer que

sont obligés de suivre la

Mylord Shaftsburv a les athées mômes

vertu, et qu'il est pourtant vrai que la nature nous porte à admettre une Divinité bienfaisante, puisque nos affections naturelles sont conformes à ce qu'une tejle puissance ordonnerait. On peut dire qu'il v a un certain degré de bonne morale indépendamment de la Divinité: mais que la considération de la providence de Dieu et de îa l'immortalité de l'âme porte la morale à son

comble, et fait que chez le sage les qualités morales sont tout à fait réalisées, et l'honrête identifié avec l'utile, sans qu'il y ait exception ni échappatoire.

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