‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 350 sur 454 · PRINCIPES MÉTAPHYSIQUES ET RELIGIEUX DE LA PHILOSOPHIE DE LE1BN1TZ · texte numérisé non relu

PRINCIPES MÉTAPHYSIQUES ET RELIGIEUX DE LA PHILOSOPHIE DE LE1BN1TZ

L'hérésie est-elle un crime? Je crois que cette question peut être facilement résolue. D'abord on doit convenir qu'un sentiment, qnoiqu'en lui-même très -mauvais, n'est pourtant pas un crime s'il est involontaire. Mais on ne doit pas douter non plus que la négligence volontaire de ce qui est nécessaire pour découvrir la vérité, à l'égard des choses que nous devons savoir, ne soit un péché, et même un péché grief suivant l'importance de la matière. C'est ce qu'on appelle opiniâtreté dans les hérétiques formels. Au reste, une erreur dangereuse, fûtelle totalement involontaire et exempte de tout crime, peut-être pourtant très-légitimement réprimée, dans la crainte qu'elle ne nuise, précisément par la même raison qu'on enchaîne un furieux, quoiqu'il ne soit pas coupable.

HOBBES, LOCKE, PUFFENDORFF.

(T. V, p. 304, epist. 3, Ad Korlholtum.)

Je déclare volontiers que je ne suis pas fort content ni de Locke, ni de Puffendorff. Leurs écrits méritent sans doute d'être lus; et comme ils réunissent des connaissances prises en différents lieux, de jeunes gens peuvent s'y instruire, jusqu'à un certain point, des sciences qui en font l'objet; mais leurs auteurs pénètrent rarement jusqu'au fond de leur matière. C'est tout le contraire pour Hobbes. J'en crois la lecture pernicieuse à ceux qui commencent, et trèsavantageuse à ceux qui sont avancés, parce qu'on y trouve en abondance et mêlées ensemble des vérités d'une grande profondeur, et des erreurs de la plus dangereuse conséquence. Ce n'est pas qu'on ne rencontre aussi dans Locke et dans Puffendorff des principes contre lesquels il est nécessaire de précautionner des commençants; car ce que dit Puffendorff sur l'origine des vérités morales, qu'il soutient arbitraires..., est très-faux: et Locke a tort de fronder les idées et les vérités innées. Sa philosophie sur la nature de l'âme humaine est très-mince; et il ne tend à rien moins qu'à renverser les principes sur lesquels on fonde son immortalité, lorsqu'il conjecture que la matière peut penser.

VANI31.

(T. V, p. 521, epist. 2-2, Ad KorthoHum.)

Je n'ai pas encore vu Y Apologie de Vaniui, je ne pense pas qu'elle mérite fort d'être lue. Les écrits de ce personnage sont bien peu de chose. Mais un imbécile comme lui, ou pour mieux dire, un fou ne méritait pas d'être brûlé; on était seulement en droit de l'enfermer, afin qu'il ne séduisît personne

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