‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 65 sur 454 · AVIS I · texte numérisé non relu

AVIS I

Discourt, que fil la sninle à ses religieuses du couvent de l' Incarnation d'Aviia, quand, après avoir quitté l'observance mitigée, elle fui envoyée a ce couvent en qualité de prieure.

Mesdames, mes mères et mes sœurs, Notrc-Seigneur m'a eiwoyée, par le moyen de l'obéissance, pour gouverner cette maison. C'est uns place que je ne méritais pas, et que j'aurais fort souhaité pouvoir éviter.

Le choix qu'on a fait de moi m'a même causé beaucoup de peine, tant parce qu'on m'impose des obligations qui sont au-dessus de mes forces , que parce qu'on vous prive de l'usage où vous êtes de choisir vousmêmes vos supérieures, en rn'envoyant ici contre votre volonté et votre satisfaction, moi qui m'estimerais fort heureuse de pouvoir atteindre à la perfection de la moindre d'entre vous.

Je ne viens ici que pour vous servir et vous obliger en tout ce que je pourrai, et j'espère que Notre-Seigneur me secourra dans ce dessein. Dans tout le reste, chacune de vous peut m'instruire et me réformer. Voyez donc, Mesdames, ce que je puis faire pour vous. Quand il faudrait vous donner mon sang et ma vie, je le ferais du meilleur de mon cœur.

Je suis tille de cette maison, et par conséquent votre sœur. Je connais le caractère et les besoins de chacune de vous, ou du moins de la plupart. Pourriez-vous avoir quelque répugnance pour une personne qui vous appartient ? tous égards?

Ne craignez point mon gouvernement.

Quoique j'aie vécu jusqu'à présent avec des réformées, je sais, grâce à Dieu, comment doivent être gouvernées celles qui ne le sont pas. Tout mon objet est que nous servions Dieu toutes ensemble avec douceur, et que le peu qu'exigent de nous notre règle et nos constitutions, nous le fassions pour l'amour de ce grand Maître, à qui nous sommes si redevables. Je connais toute notre faiblesse; niais tâchons d'atteindre par le désir où nous ne pouvons arriver par les œuvres. Le Seigneur est miséricordieux, et, peu à peu, moyennant sa grâce, nous parviendrons au point que nos œuvres et nos désirs se trouveront de niveau.

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