‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 66 sur 454 · AVIS II · texte numérisé non relu

AVIS II

Petit discours que fit la sainte au sortir de son couvent de Valladolid, Irois semaines avant sa mort.

bien satisfaite de la perfection que j'y vois, de l'esprit de pauvreté qui y règne, et de charité qui vous unit. Tant que tout ira de même, Dieu vous comblera de ses grâces.

Que chacune de vous fasse en sorte de ne pas donner la plus légère atteinte à ce qui est de la perfection dans les observances religieuses.

Ne vous acquittez point de vos exercices comme par coutume, mais que ce soit pour vous des actions héroïques qui vous rendent chaque jour plus parfaites.

Accoutumez votre cœur à former de grands désirs; ils vous seront toujours grandement utiles, quand même vous ne parviendriez pas à les remplir par vos œuvres.

Remarques de dom Jean de Palafox.

Dieu disait à Daniel : Vous m'êtes cher, Daniel, parce que vous désirez beaucoup, parce que vous êtes un homme de désir. (Dan. ix, 23.) Nous devons comprendre parla que, lorsqu'on sert le Seigneur avec une intention droite, il se contente de nos désirs et les reçoit comme il recevrait les œuvres mêmes.

J'ai appris que la sainte avait coutume de dire, en s'adressant à Dieu : Seigneur, qu'il y en ait d'autres qui vous servent mieux que moi, je ne le contesterai point; mais qu'ils vous aiment plus que moi, et qu'ils désirent plus ardemment de vous servir, c'est ce que je ne souffrirai jamais.

avis m.

Donné .par la sainte à une religieuse d'un autre ordre.

Pour quiconque aime Dieu comme vous l'aimez, toutes les choses d'ici-bas ne sont que des croix, et si vous voulez en tirer profit pour le salut de votre âme, vous n'avez qu'à vous imaginer qu'il n'y a dans votre couvent que Dieu et vous.

Tant que vous n'aurez point d'obédience qui vous oblige à fixer votre attention sur ce qui se passe, ne vous en embarrassez en aucune manière. Tâchez seulement d'acquérir les vertus que vous remarquerez dans chaque personne, et réglez votre affection sur ces vertus; et, quant aux défauts, ne vous y arrêtez que pour en faire votre profit en les évitant.

Je me suis bien trouvée de cette pratique, ayant toujours vécu dans les communautés lès plus nombreuses, comme si j'eusse été seule, si ce n'est que je faisais mon profit de ce qu'il y avait de bon. Enfin, ma chère dame, nous pouvons aimer Dieu partout : bénissons-le de ce que c'est une chose dont personne ne peut nous empêcher.

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