‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 108 sur 347 · ACTE IV, SCÈNE III. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III. i

iLI8ABETH.

fai VU partir €f£gm<»it aigri par vos refus; Ses discours le prouTaient : n'exigez rien de plus. itt milieu du Brabant Totre fils magnanime Désirait d'exercer un pouvoir légitime, ffy fidre aimer vos droits et de les maintenir : De vos bontés sans doute il a dû l'obtenir. ïe l'ai dans cet espoir encouragé moi-même. Cher au peuple, aux soldais , né pour un diadème , [1 pourrait...

Oui , madame , il pourrût me trahir ; Mais qui veut commander doit savoir obéir. Dans ma cour, à mes yeux, il ne peut se contraindre: Vous-même, de l'infant vous auriez à vous plaindre; Et c'est vous , plus que moi , vous qu'il ose offenser.

ELISABETH

Moi , sire !

Vous , madame. Auriez-vous pu penser Qu'à son roi , qu'à son père , à votre époux lui-même , L'in&Dt ne craindrait pas d'avouer qu'il vous aime? Qu'il vous aime !... En ce jour il me l'a déclaré ; Et ce départ si prompt , déjà tout préparé , Ce rêve d'un jeune homme enflé de sa victoire , Ce projet d'un héros, n'est, si je veux l'en croire, Que le reste d'un feu qu'il voudrait étouffer, Et l'effort d'un amant qui fuit pour triompher.

i56 PHILIPPE IL

ELISABETH

£h bien , s'il était vrai , se vaincre est-il un crime ?

Cet amour mal éteint fîit d'abord légitime ;

Songez qu'en d'autres temps, par vous-même alkraié...

Je me souviens du jour où mon coeur enftammé Vous a fait partager ma puissance et ma gloire; Nous devions tous les tix>is en garder la mémoire. Philippe, déposant vingt scq^tres à vos pieds, D'un mot d'Elisabeth les trouvait trop payés ; Vous l'avez prononcé^ vous n'êtes point parjure. J'ai cru. que j'obtiendrais d'une ame noble et pure, Siïion l'amour, au moins quelques tendres égards; Que vous pourriez sans peine attacher vos regards. Sur un front dépouillé des fleurs de la jeunesse, Blanchi par les travaux et non par la vieillesse : Serais-je à cet espoir contraint de renoncer?

ELISABETH

Et qui , dans votre cœur, pourrait vous y forcer? Moi? que l'on vit toujours attentive à vous plaire! Un fils? ce nom doit seul calmer votre colère. Un fils ! ah ! qu'aisément vous le verriez soumis ! Mais nous avons tous trois les mêmes ennemis. Ne me défendez point d'éclaircir la nuit sombre Qui sur vos jours brillans apesantit son ombre. Voulez- vous dissiper ce pénible tourment? Sire , soyez époux , soyez père un moment , Et ne repoussez plus le cri naïf et tendre

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