ACTE V, SCÈNE IV. i8i
Pour souffrir une peine égale à tes forfaits , Puisses-tu m'adorer autant que je te hais ! Plus de nœuds, plus d'hymen; tout Fenfer nous sépare : Tu ne sais qu'être roi : tu régneras , barbare ; Mais seul , mais assiégé sur un trône sanglant Par l'ombre de ton père et l'ombre de l'infant.
Fuyons.
ELISABETH
Dans ton empire est-il un sûr asile?
En Espagne, au Mexique, au Brabant, en Sicile, Tes crimes te suivront; tu verras des bourreaux, Des bûchers allumés, du sang, des échafauds. Les cavernes n'ont point d'assez sombres repaires ; Tu trouveras partout des enfans et des pères; Et, partout soulevés, les peuples à grands cris Diront: Voilà le roi qui fit mourir son fils! Carlos m'attend. J'accours à sa voix gémissante; Je recueille la mort sur sa bouche innocente; Et mon âme, fuyant ton pouvoir odieux, A l'époux de mon choix se rejoint dans les cieux.
(Elle meurt.)
OU