SCÈNE PREMIÈRE
BRUTUS
Ob peut-il? moi! qui, moi, l'ennemi des tyrans, Je marche environné de fantômes errans ! J'ai reconnu ses traits, ses blessures livides; Tai reconnu surtout ses desseins parricides. Tu m'cu vu dans Sardis, tu viens de me nevoir: La liberté n* est plus. J'ai rempli mon devoir. César : le bien public me demandait ta tête. De mes sens agités, Dieux! calmez la tempête! Vient-il de me parler? l'ai^je donc aateodu? Dans Sardis , à Philippe , est-ce lui que j'ai vu ? Importunes frayeurs, cessez de me siin^rendre :
aoo BRUTUS ET CASSIUS.
C'est la cause des Dieux que nous allons défendre.
Si la justice est chère à leur saint tribunal ,
Ce jour, de nos tyrans sera le jour fatal.
Trop long-temps a duré l'empire de leurs crimes;
Trop de sang vertueux, trop de grandes victimes
Ont de ces triumvirs signalé les fureurs:
Le moment est venu d'expier tant d'horreurs.
De venger les héros , vengeurs de la patrie ,
Et de rendre à l'État sa liberté chérie.