SCÈNE IV
BRUTUS, CASSIUS, PORCIUS-CATON, MESSALA, STATILIUS, romains deror*t
âm êèpâUxaê.
PORGIUS.
Adversaires du crime , Quelle indiscrète ardeur l'un l'autre vous anime? Amis de la vertu, vengeurs des nations, Ne nous accablez point de vos dissensions; Tout l'espoir qui nous reste est dans votre prudence : Si vous n'êtes unis, quelle est notre espérance?
CASSIUS
Nous le serons toujours par de nobles liens; Laissons à des tyrans, à d'ingrats citoyens. De leurs jaloux débats la honteuse furie : Restons amis, Brutus, et servons la patrie.
BRUTUS
Viens, déposons tous deux dans ces embrassemens D'un courroux passager les vains emportemens ; Tu dois me pardonner; je t'excuse sans peine; Et les seuls triumvirs méritent notre haine.
PORGIUS.
Amis, plus que jamais nous devons les haïr. Pour nous, pour tout l'État vous m'en voyez rougir. On m'écrit que àa monde ils ont (ait le partage. Ainsi que Ton divise un paisible héritage.
ao8 BRUTUS ET CASSIUS.
Vous frémirez bien plus ; les Romains lont appris Sans paraître affligés, ni contens, ni surpris: Ce n'est plus qu'en ces lieux que la vertu respire. Antoine désormais tiendra sous son empire De la Seine et du Rhin les flots assujettis; Lépide, la Durance, et TÈbre et le Bétis; Sous le nom de César, de Fonde Adriatique Aux flots les plus lointains de la mer Atlantique, Le fils de Cépias va commander aux rois, Et le Tibre enchaîné doit couler sous ses lois.
STATILIUS
Les scélérats!
CASSIUS
D'Antoine, aipis, voilà l'ouvrage.
STATILIUS
On aurait dû songer à prévenir sa rage.
CASSIUS
Tel était mon dessein; et souviens-toi, Brutus, Que, sans tes seuls conseils, Antoine n'était plus.
BRUTUS
Cicéron, dont la haine était trop légitime,
Cicéron, de ce monstre immortelle victime.
Quand des jours de César nos mains tranchaient le cours,
D'Antoine survivant nous reprochait les jours.
Favori de César et fier de le paraître ,
J'ai vu qu'il était lâche, et qu'il voulait un maître.
De l'insolente idole il caressait l'orgueil ,
Et de la liberté préparait le cercueil :