SCÈNE IV
TIBÈRE, SÉJAN
Que veut César ?
TIBÈRE
Rompre un dessein funeste.
SÉJAN
De Pison?
TIBÈRE
De lui-même. Il menace, et demain Veut paraître au sénat mes ordres à la main.
SIÉJAN.
La nuit n'a pas encore éclipsé la lumière...
TIBÈRE
Cette nuit pour Pison doit être la dernière. Mais, avant de servir un trop juste courroux. Amène-moi Cnéius.
Ah! que prétendez-vous?
Le punir?
%Q'i TIBERE
TIBikRE.
Le tromper. Il faut avec adresse D'un favorable accueil caresser sa jeunesse : Cet entretien peut même écarter le soupçon. La nuit, fais investir le palais de Pison. En proscrivant ses jours, que tout un peuple nomme Et la veuve et VépouXj ces idoles de Rome : Que le nom de César ne soit pas prononcé : Des menaces, du bruit, mais point de sang versé. Que des agens discrets, des orateurs habiles, A tous ces mouvemens président immobiles. Dès qu'auront éclaté les cris séditieux, Convoque le sénat; qu'il accoure en ces lieux: Reviens pour m'annoncer que le trouble commence; Et sur les derniers coups j'instruirai ta prudence.
Je cours exécuter vos ordres absolus.
TIBi:R£.
Sitôt qu'en mon palais tu conduiras Cnéius, Que j'en sois informé : je serai chez Livie.
sÉJAn.
Les amis de Séjan vous consacrent leur vie. César se souviendra de leur fidélité?
TIBÈRE
Ils obtiendront le prix qu'ils auront mérité.
séiAN.
Un regard? des faveurs?