ACTE IV, SCÈNE V
Dis-lui que de mon sort un seul homme dispose; Que je suis à Tibère.
Y pensez-vous? ô ciel!
PISON
Malheur à qui rampa sous un maître cruel ! Misérable , il ne peut sortir de l'infamie ; Avec sa conscience il a livré sa vie.
Un tyran ne sait pas rougir impunément: Il rompt de ses forfaits le docile instrument ; Et, faisant aux faveurs succéder les supplices, Avilit, récompense et punit ses complices.
cviivs.
Vous parlez de forfaits! ce mot me fait trembler.
PISON
Je te remplis d'effroi ; je vais t'en accabler. Apprends... puis-je le dire? oui; j'ai pu davantage; Taurai, pour mon tourment, cet horrible courage.
cirÉius.
Mon père, à votre fils qu'allez-vous découvrir?
PISON
Ton père! ah! tu l'aimais, et tu vas le bain
GlfilUS.
Moi!
pisoir.
Tu vas pénétrer dans ce mystère sombre; Et la nuit qui descend vient me prêter sou ombre.
3io TIBERE.
Ecoute-moi. Ce fils par Tibère adopté... Tu frémis!
Ce héros dans sa course arrêté...
PISOS.
Oui, digne ainsi que toi de l'antique pairie. Et que si jeune enoor vit tomber la Syrie , Germanicus...
CNBIUS.
Eh bien?
PISOIf.
Périt empoisonné.
J'ai tout su.
CNJ&1US.
Dieux !
PISOIf.
Tibère avait tout ordonné.
C'est un crime de plus , c'est un jour de Tibère : Qui peut s'en étonner ? mais vous ! mais vous , mon père !
PISON
Oui , j'ai SU qu'un esclave à Tibère vendu , Et du jeune héros surveillant assidu...
CNÉIUS
Un esclave!
PISON
C'est lui de qui la main perfide