‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 194 sur 347 · CNÉIUS, PISON · texte numérisé non relu

CNÉIUS, PISON

Mon fils, qu'ai-je entendu? puis-je croire un tel bruit? On dit que , par Séjan dans ces lieul introduit. Tu dois entretenir son redoutable maître.

CNEIUS.

Tai vu Séjan ; Tibère a voulu me connaître ; J'ai déjà, sans témoins, paru .devant ses yeux: Il m'a long-temps parlé du rang de mes aïeux; Il m'offre des honneurs peu faits pour ma jeunesse.

PISON

Je tremble, ô mon cher fils! le tyran te caresse.

GNJÉIUS.

Des bcdsités du tyran vainement menacé.

Du nom 4e citoyen je ne suis point lassé :

Mais, lorsqu'en vous donnant des louanges contraintes,

Tibère , un peu confus , répondait à mes plaintes ,

Quand sa bouche avec art consolait ma douleur.

Son cœur était muet.

PISON

Tibère a-t-il un cœur?

ao.

3o8 TIBERE.

cirÉius.

Agri^pine a bientôt dissipé mes atarmes: D'un Romain suppliant elle exauce les larmes.

PISGN.

Agrippine^ dis-tu, m'oserait pardonner!

ciriins.

De ce trait généreux pourquoi vous étonner?

PISON

Agrippinel

CN1&IUS.

A son nom quel trouble inconcevable...

PISON

Ne vois-tu pas, mon fils, que ton père est coupable?

CNélUS.

Contre Germanicus vous formiez un parti ; Je le sais : votre cœur au moins s'est repenti. îTest-il pas vrai, mon père?

Pl^OIf.

Il est trop vrai. N'importe :

Contre un vain repentir Germanicus l'emporte.

CITÉIITS.

Sa .veuve a pardonné.

PISON

Non, jamais, non: dis-lui Que je n'accepte point son imprudent appui ; Non : dis-lui qu'au pardon le coupable s'oppose ;

Page 1