SENATEURS, LICTEURS, GUERRIERS
SÉJAlf.
Le poignard que Pison s'est plongé dans le sein.
OEoTTes posthomes. I. ^ I
3îia TIBÈRE.
AGRIPPIH E.
Pison ! par quel motif?
SÉJAN
Vous le savez sans doute.
TIBÈRE
Parle au sénat qui juge, à César qui t'éooute.
Je vois ici Cnéius; et vous aurez appris Qu'une foule homicide exaltait dans ses cris Le vainqueur des Germains, sa veuve magnanime; Qu'au nom de leurs vertus on réclamait un crime. Mais les prétoriens me prêtaient leur appui , Ils appelaient Pison; j'arrivais jusqu'à lui, Quand déjà , croyant voir la troupe forcenée , Pison, d'un coup trop sûr, tranchait sa destinée. Dès qu'il entend parier de César et des lois , D'une âme fermé encor, mais d'une faible voix : c( C'en est fait, me dit-il; la trahison m'assiège; (c Tu sais quels ennemis m'ont préparé le piège : « On les nomme, on les vante; et, certain de périr, (c Je leur prouve du moins qu'un Romain sait mourir. « Il faut, sans leur parler de crime ou d'innocence, « Annoncer que Pison succombe à leur puissance , i( Leur présenter* ce fer, ainsi qu'à mes amis, « Le porter au sénat, le donner à mon fils. »
Donne.