ACTE I, SCÈNE I
BRIGITE.
Ces noms sont-ils les siens?
«[ÀTHAN.
Ma Zoé, mon trésor! le premier de mes biens!
BRIGITE.
Peut-il être en effet compté parmi les vôtres?
NATHAN
l^a. nature et le sort m'ont donné tous les autres: Ce n'est qu'à la vertu que je dois oelui«ci.
BRIGITE.
U est vrai. Toutefois , souvenez-vous aussi Que l'on pourrait avoir un droit plus légitime; Qu'au temps où les Français ont assiégé Solime, Dans le fort du combat, plusieurs jeunes enfans Pêle-*méle emportés, chrétiens et musulinans, Furent mis en dépôt sur le mont SoKtairei m / * Où Philippe en partant bâtit un monastère.- > *'
NATHAN
Oui , que l'on voit d'ici : l'hospice du Thabor. •*! * Je n'ai rien oublié.
BRIGITE.
Souvenez-vous encor Qu'alors certains écrits prouvaient leur origine.
-:■• NATHAN
Ces écrits sont perdus : Zoé fut orpheline; J'ai dû la recueillir /et mon droit est sacré.
Ce que l'on croit perdu n'est souvent qu'égaré.
NATHAN
Tu penses quil fellait lui fermer mon asUe ?
BRIGITS.
Depuis peu neas avons un patriarche habile : Il est notre voisin; il sait parler, agir.
NATHAN
Des bien&its découverts ne font jamaiS( rougir.
BRIGITK.
Et Zoé ! quelle foi , s'il vous plaît , est la sienne ? Pour moi, bonne Française et meilleure chrétienne, rai resté près de vous; mais^.
NATHAN
Ten repensa?
BRIGITS.
Non; Car vous fûtes toigours si généreux , si bon ! Vous n'êtes cependant, quoique l'on vous admire...
NATHAN
Qu'un jui£ Oui , c'est bien là ce que tu voulais dire.
BRJGITB.
Vraiment, c'est grand dommage.
Oh ! sans doute. Et pourquoi Ne vois-je pas encor ma fille aupr^ de moi ?
BRIGITB.
C'est qu'elle sommeillait Elle est un peu troublée. D'un péril qui n'est plus trop souvent accablée, Elle pense eu dormant être au milieu des feux: