ACTE II, SCÈNE III. 5oâ
MONTPORT.
Je suis homme et chrétien ; Je n'ai rien (kit pour vous; vous ne me devez rien. Et moi-même^ en ce temps , accablé d'infortune , Succombant fieus le poids d'une vie importune, Je voulais , aux dépens de mes jours malheureux , Sauver... même une juive.
KATRAK.
Atroce et généreux !
Le bienfaiteur modeste affecte ce langage. Par un dédain féroce il échappe à l'hommage. Permettes-ihoî du moins de vous interroger. N'étes-vous point captif, à Solime étranger? Pour vous prouver l'excès de ma reconnaissance Puis-je ?...
MONTFOltT.
Rien.
ITAITHAK.
Je suis riche.
Un juif dans l'opulence N'en vaut pas mieux pour moi.
KATHAH.
Fermez-lui votre cœur; Mais ne refusez pas ee qu'il a de meilleur : Disposez de mes biens.
HOHTPORT.
De vos biens ? pour quoi £iire ?
5o/| NATHAN LE SAGE.
Mes désirs sont remplis ^ car j'ai le nécessaire; Les fruits de ces palmiers servent à me nourrir. Et ce manteau suffit, du moins, pour me couvrir. Une tache peut-être a blessé votre vue^ . Oui: lorsque je sauvai votre fille éperiïue. Cet endroit fut brûlé.
DTATHAH.
Que cet endroit est beau!
Qu'il plaît à mes regards! pardon: sur ce manteau Une larme est tombée.
MONTFORT
Et plus d'une peut^étr^
KATHAir.
Je l'ai pensé.
MONTFORT
Quel trouble en mon ame il fait naître!
ïTATHAir.
Prêtez-moi ce manteau, généreux Templier: Oui , daignez à ma fille un moment l'envoyer.
MONTFORT
Et que prétendez-vous ?
NATH AN.
Que sa bouche le presse ; Qu'elle verse à son tour des larmes de tendresse Sur cette tache heureuse où tombèrent mes- pleurs^
MONTFORT
Il m'attendrit; je cède à ses accens vainqueurs. O Nathan, le travail vous donna l'opulence;