ACTE III, SCENE IV. 5a
De corrompre un chrétien, d'en faire un apostaL
moutpcrt.
Brûlé!
DOM TREMEITDO.
Remarquez bien qu'à l'égard de l'enfance Tout , de la part du juif, est censé violence.
MOHTFORT.
Si l'enfant périssait , quand un zèle attentif S'intéresse...
DOM TREMENDO.
J'entends : mais on brûle le juif.
MONTFORT
Brûlé ! pour avoir eu l'ame honnête et bien née ! Pour avoir secouru la jeune infortunée!
DOM TREMENDO.
Zèle impie, indiscret! pourquoi la secourir? U était plus humain de la laisser mourir : Sa mort valait bien mieux que sa perte étemelle. Dieu* ne veillait-il pas? sa bonté paternelle, Sans le secours du juif, pouvait la conserver.
MONTFORT
Eh bien ! malgré le juif, il peut donc la sauver.
F. BONHOATME.
C'est embarrassant.
DOM TREMENDO.
Paix.
MONTFORT
Un peu plus d'indulgence.
5a6 NATHAN LE SAGR
S'il II éleva l'enfant dans aucune croyance, Si , lui laissant le choix d'un sjrstème adoptif...
DOM TREMENDO.
Oh ! c'est alors surtout que l'on brûle le juif. Oui ! des enfans chrétiens c'est ainsi qu'on dispose ! Passe pour juive encor : c'est croire à quelque chose. Tout en brûlant le juif, on aurait pu... mais rien! Ne rien croire du tout! nous l'empêcherons bien. Adieu.
MOlfTFORT.
Ce que j'ai dit vaut-il qu'on s'en occupe ? Un problème!
DOM TREMENDO.
A résoudre. Oh ! je ne suis peins dupe. Je prétends que le juif soit cité devant moi. Élever des enfans qui n'ont ni foi ni loi ! Un bel auto-da-fé nous en fera justice. Il faut qu'en tous les points le traité s'accomplisse: J'en ai l'original écrit sur parchemin , Bien scellé, bien signé: Philippe et Saladin. Je devine les noms qu'on ne veut pas m'app rendre; Le sultan me verra ; je lui ferai comprendre Qu'un aussi grand scandale anéantit les mœurs; Qu'un sultan qui permet de pareilles horreurs Compromet son salut, ses intérêts, sa gloire; Qu'un trône est renversé dès qu'on peut ne rien croire; Qu'il y va de ses jours, et quh moins d'être un sot Qui veut régner en paix veut un peuple dévot.
( Il sort avec F. Bonhomme et la suite. )