MONTFORT, SALADIN
MONTFORT
En qualité de moine, il est impitoyable: C'est bien , si diable y a , le pontife du diable. Mais Saladin pensif vient d'un autre coté , Seul... et qu'a-t-il besoin d'un éclat emprunté? Sultan, ton prisonnier...
SALADIIC.
Toi ! ce nom m'humilie.
Je puis te rendre libre, ayant sauvé ta vie; Tu l'es dès ce moment, jeune et brave chrétien; Mais j'envie aux Français un cœur tel que le tien. Voilà bien mon Assad! c'est son image entière; C'est sa voix , son courage, et sa franchise altière: Tel que je Tai connu , je le retrouve en toi. Je puis te dire: Assad, qu'as-tu fait loin de moi? Quel dieu conservateur te rend à ma tendresse? Quel souffle a rafraîchi ces fleurs de ta jeunesse? Du long sommeil d' Assad quels lieux furent témoins ? Dans ce rêve enchanteur tout n'est pas rêve au moins. Le temps fuit : j'ai vieilli ; mais les rides de l'âge N'ont point sur mon Assad étendu leur outragé. Aux jours de mon printemps je l'ai vu se flétrir; Mon automne embelli le verra refleurir.
5a8 NATHAN LE SAGE.
Le veux-tu ?
MOVTFORT.
Mab ta loL..
SALADIV.
Tu vivras dans la tienne,
LibreauxbordsduJourdaînoommeauxbordsdelaSeiiii Je ne demande point de raisins au pommier. De datte au sycomore et d'olive au palmier.
XONTFORT.
Sans cela, serais-tu si bon , si magnanime ?
SALADTlf.
C'est toi que la bonté, toi que la gloire anime.
MOIfTFORT.
Moi !
SALADIN
N'as-tu pas sauvé la fille de Nathan?
Une fille charmante!
MOWTFORT.
On t'a dit vrai , sultan :
Elle charme, elle est belle; et j'ai sauvé sa vie. Taccours, à la lueur d'un horrible incendie. Chez Nathan : c'est ce juif que je ne connais pas. Le hasard , qui souvent parait guider nos pas , Veut que mon action tourne à son avantage.
SAL4D1N
Ton action est belle, et le hasard bien sage: Il guide donc les pas d'un chevalier chrétien! Le hasard t'a conduit chez un homme de bien.