‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 4 sur 347 · Le Dépositaire y comédie de société · texte numérisé non relu

Le Dépositaire y comédie de société

4* « La tragédie d'OEdipe mourant nest point une ifadoction de la •■ pièce de Sophocle, mais une pièce sor le même sujet, oà j*ai tâché de • rassembler, aotant qu'il m*a été possible , tontes les béantes de Y Œdipe ** à Colone , et de ne point le déshonorer par nne intrigue oiseuse ou mes- « qnine. J*ai retranché ue qui m*a semblé ne pouvoir convenir au théâtre « français ; mais, dans ce que j'ai ajouté, mou unique dessein a été d'imi> « ter la manière dont ces Grecs pensaient , et exprimaient leurs pensées.

SUR M.-J. CHÉNIER. v«

V Electre de Sophocle. Il se proposait de reproduire siiiisi tout ce qui nous reste de oe tragique grec , qu*il préfémit à tous les autres poètes dramatiques de l'antiquité. L'un de ses plus ardens désirs était de voir un jour les talens de nos plus grands acteurs et de nos plus habiles musiciens coocoarir à représenter les poèmes de Sophocle sur U plqs vaste de nos théâtres. Selon lui, ces spectacles pouvaient seuls nous donner quelque idée de ceux de la Grèce, nous en dévoiler tous les charmes, nous en faire sentir tout le prix. C'était dans les tragédies grecques qu'il avait puisé de bonne heure le système qui a présidé à toutes ses compositions draoi^tiques, et qui en a déterminé l'extrême simplicité. Il a toujours pensé que l'intérêt devait naître, non delà complicatioq romanesqu* des incidens, mais de la nature même du sujet; non de l'incertitude du dénouement , mais du caractère pathétique ou terrible des situations ; que l'art consistait à représenter les personnages, c'est-à-dire à les animer, à exprimer leurs pensées, leurs passions, leurs vertus, leurs vices; qu'en un mot il s'agissait bien moins d'exciter la curiosité du spectateur ^ et de le tenir en suspens que de l'émouvoir, de le charmer, de l'attendrir. Il ne nous appartient pas d'examiner si ce système est le plus vrai ; il est du moins le plus sévère : mais il se peut que Chénier l'ait quelquefois poussé trop loin. L'expérience la plus hardie et la plus heureuse qu'il en ait faite, c'est dans ce cinquième acte de Fénélon , qui intéresse si vivement les spec* tateurs, quoiqu'il n'ait rien à leur apprendre. En admirant les traits de génie qui éclatent dans les monstrueuses productions de Shakespeare , Chénier ne concevait pas qu'on put mettre sérieusement en parallèle avec le théâtre classique des Grecs et

• AocuB* nation ^e Ict a égafés dans Ir style noble et simple, qni n^est •' point le style prosaïque , mais bien le style de la plus belle poésie , puis- - qn*il cotisiste à peindre tunjoors (Mr l'expression et )>ar les sons sans

• jamais rien afîecter. » ( Piom de Chbitier , trouvée /tarmi ses manuscrits inédits* )

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