‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 45 sur 347 · ACTE III, SCÈNE IV. Sy · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. Sy

^Astyage a l'empire , et Cyrus en dispose. IMais j'aurai des appuis, peut-être des vengeurs.

MANDAHE.

'Et vous ne craignez point d'avouer vos fureurs \ Armer contre ses jours une main meurtrière! Vous ! Laissez-vous flédiir ; rendez-vous : la prière , La prière tremblante est la fille des Dieux. Dedaigne4-on ses pleurs , ses cris vont jusqu'aux deux; Elle y monte plaintive, et redescend terrible, Apportant sur ses pas, au mortel inflexible, Quelquefois la vengeance, et toujours le remord; Qui rend la vie affreuse , et prolonge la mort n siège sur le trône auprès de sa victime. Ah! chassez loin de vous ce compagnon du crimi&, Ou bien laissez-moi fîiir un horrible séjour: Ve me contraignez plus d'entendre chaque jour Mon père, de mon fils prononcer la sentence. Le crime de Cyrus est dans son existence : n me la doit; lui seul est cq>endant puni; Ma patrie est aux lieux où Cyrus est banni. Que fais-je auprès de vous, quand vous n'êtes plus père? Moi, j'ai toujours un fils; moi, je suis toujours mère. Tirai, j'irai, seigneur, l'arracher au trépas. Reconnaître le sol qu'auront touché ses pas ; Suivant, pour le trouver, la trace de ses larmes, De vos soldats vainqueurs j'affronterai les armes; Des Scythes révoltés j'irai chercher les traits; Tmà fléchir pour lui les monstres des forêts.

Ah ! dans ces noirs déserts, si la faim dévorante ^ Nous atteint lentement d'une mort déchirante^ En expirant du moins nous serons réunis ; Il connaîtra sa mère, et j'aurai vu mon fils; Je pourrai l'appeler de œ iiom cher et tendre, Et, lorsque les humains cesseroitit de m'eatendre. Des Dieux, par un regard, soUicâter l'appui , Le serrer dansjmes bras, et mourir avant lui.

A.STTAGE.

Je voudrais de Cyms vous accorder la grâce; Votre douleur m'émeut, et non votre menade. Contre un ambitieux j'assure mes Etats ; Je le dois : les remords ne m'en puniront pas. Menmon parait. Adieu. Que sa voix vous console; Qu'il vous. berce à loisir d'un oracle frivole. Mais s'il pense^ abusant de nos solennités. Enflammer des esprits déjà trop agités; Par de rebelles vceux s'il ose encor me nuire. Bientôt , en vous quittant, je veux bien l'en instruire. Bientôt j'irai frapper, jusque sur son autel, lia pontife imposteur, qui ment au nom du ciel.

(Utort.)

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