SCENE PREMIERE
4 MANDANE, ÉLÉNOR.
MANDANE
HiLÉNOR devant moi! Ce maintien magnanime Voile aux regards séduits un cœur né pour le crime ! D'un père sans pitié l'émissaire odieux Ose , encor teint de sang , braver l'aspect des Dieux ! Il ose de Mandane affronter la présence!
ÉLIÉNGR.
Pour me justifier, ou subir ma sentence.
MANDANE
Comme un vil assassin hautement désigné...
ÉLÉNOR.
Vous m'en voyez surpris et surtout indigné.
MANDANE
Indigné!
ÉLÉNOR.
Je conçois qu'un récit infidèle Ait aisément Iroublé votre âme maternelle.
OEnTTCt posthomcs. I. ^
Mais ce n'est point Cyrus qui tomba sous ma main; Ce n'est point votre fils; c'est un Scythe inhumain: Le guide le plus sûr dirigea mon courage.
MAIfOikirE.
Un guide, ô ciel! et qui?
ELÉifOR.
Soupçonnez-vous Harpage?
MAIfDAIfE.
Qui? moi, le soupçonner! Harpage, dites- vous...
ÉLilfOR.
Harpage m'ordonna de venger votre époux. Me peignit le guerrier qui fît couler vos larmes, Me désigna ses traits, ses vêtemens, ses armes. Plein de vous, de Cambyse, et l'espoir dans le cœur, Je courus d'un héros combattre le vainqueur. Seul, je le trouvai seul, au sortir d'un bois sombre. Quand le jour incertain se mêlait avec l'ombre. Sur une roche aride, étroite, et dont les flancs Dans l'Araxe écumeux vomissaient des torrens ; Silencieux désert, lieux entourés d'abîmes. Lieux témoins des combats , peut-être aussi des crimes. Je vis briller l'armure et reconnus les traits ; La dépouille arrachée aux monstres des forêts Du Scythe audacieux couvrait la taille immense : Il agitait son glaive ; et , fier de sa vaillance , S'avançait, les regards de fiireur allumés, Tel ^6n peint les géans contre le ciel armés. Il m'aperçoit, s'arrête, et sa bouche perfide