I. A Paris, chez P. Didot, io-l
a. A Paris, chez Maradan, in-8^.
SUR M.-J. CHÉNIER. ix
que lui aicnl fait ses ennemis. Entraîné par l'essor de son talent bien plus que par des affections malveillantes, il eut le malheur d'apprécier sans équité quelques hommes de lettres auxquels il a rendu depuis tonte son estime. L'une de ses plus chères ^ habitudes, durant les dernières années de sa vie, était de saisir et de chercher toutes les occasions de réparer ses propres torts, toutes les fois qu'il pouvait le faire avec une parfaite liberté. Il se montrait disposé à toutes les réconciliations qu'on ne lui rendait pas impossibles. Du reste, nous songerions en vain à dissimuler l'énergie, la gaité, le talent qui régnent dans tontes ses satires. Les traits en sont naturellement si vifs et si purs , ils tiennent à des idées générales si justes et si précises , que bien souvent ils n'auraient besoin d'être appliqués à aucun nom propre, et gagneraient, au contraire, à s'en débarrasser.
Fort peu de poèmes, depuis 1800, ont été plus glorieusement accueillis que l'Épître de Chénier 4 Voltaire. Il est vrai que Bnonaparte prit soin d'avertir avec fracas le public de l'attention dont elle était digne : sans perdre un instant, il frappa l'auteur d^m décret de destitution, et le fit, durant quinze jours , accabler d'invectives dans les feuilles et feuilletom périodiques. Mais cet éclat inusité de la colère impériale n'était nullement nécessaire au succès d'uu poëme aussi distingué par la richesse des pensées que par le charme de l'expression , et qui n'est pas moins admiré , moins reconnu pour l'une des plus' belles productions poétiques du dix-neuvième siècle, depuis qu'on ne se souvient plus de ces bruyans hommages que la tyrannie s'est empressée de lui rendre. Il a reparu dans le recueil de 1818, et l'on a omis , nous ne savons par quelle fatalité, un discours en vers qui aurait pu y disputer le premier rang à cette épitre , et qui roule sur la questîcm de savoir si l'erreur est utile aux hommes, M. Beuchot a réparé celte omission en insérant ce discours dans le tome JLXui de l'une des nouvelles éditions de Yoltiire ' , ainsi que .
f. A Paru, chez la veure Perroneaut 1818; în-ia.