‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 3)Chapitre 109 sur 178 · I. Cailhava · texte numérisé non relu

I. Cailhava

a. Barthe (Nicolas Thomas), ne à Bfarseille en I733, atil«ur de plusieurs comédies, telles que \ Amateur, les Fausses infidé^ litéSj la Mère jalouse, et V Homme personnel. Ces diverses comëdies, non dépourvues de mérite, ont en général obtenu peu de succès. Pour se consoler de ces disgrâces théâtrales', Barthe entreprit , à l'imitation d*Ovide , son auteur favori , un poème de ÏArt d* Aimer, qu'il aurait pu intituler avec plus de justesse : XArt de séduire. La versification en est facile ; les portraits y sont

voluptueux, et les mœurs du jour assez bien saisies. On n*a publié que quelques fir«gmeD« «te ee poème. {Noie de l'Éditeur. )

37» ÉPITRE

Sachant que tàt <hi tard la s[^eiideur de sa vie Imposera silence aux clameurs de l'envie; Certain que les Français, que l'univers un jour Doit de ses ennemis le venger sans retour. Homme rare, en eflSet, dans le siècle oii nous sommes! Désormais notra scène a perdu ses grands hommes ; Et la patrie en deuil pleure encone aujourd'hui Au fnmhean de Yoltaire, immortel comme lui. Beaumarchais atteindra la palme du comique, S'il veut bien devenir moins plat et moins cjmique: Parfiûs i} &ît rougir le goik et la pudeur. Bouffon charmant , du reste , et non sans proCtmdeur ; Parmi les Tabanns assis au rang suprême , Au dessus de Scarron, de Mouifleury lui-même; Enfin, pour achever et le peindre en un mot. Doué de tout l'esprit que peut avoir un sot.

Mais toi, qui, de nos jours, sus réunir en France Le sel d'Arîstopliane et le goût de Térence; Toi, qu'au siècle dernier la satire eût loué; Toi , que pour successeur Molière eût avoué ; Aux douceurs du repos noblement indocile. Quitte enfin, cher ami, ce rivage tranquille; Abandonne, crois-moi, l'ombre de tes berceaux; Revole vers Paris, et reprepds tes pinceaux. Du théâtre souillé viens chasser les profanes ; Viens, montre-nous encor l'auteur des Courtisanes. De Molière, en effet, si tu iHis l'héritier, A de si beaux destins livre-toi tout entier.

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