CHAPITRE XXr
Des Noms.
Il est deux espèces de noms : le nom simple , formé de parties insignifiantes, p ; le nom double, qui lui-même a deux espèces; car il peut être composé d'une partie signifiante et d'une partie insignifiante , ou bien de deux parties signifiantes. Le nom peut être encore triple , quadruple , multiple même. On en voit plusieurs de ce genre dans les poètes dithyrambiques; par exemple : Èj);jloxaocdSavôoç. Tout nom est ou propre, ou étranger.
Œuvres posthames. II. ^i\
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ou métaphorique , ou orné, ou hiyenté, ou étendu, ou diminué, ou changé. Le non) propre est «onforme à l'usage de tous; le nom étranger conforme à rasage de quelques-uns s d'oq 4'on voit qu\iR même nom peut être à la fois nom propre et nom étranger, mais en des contrées différentes c ««Y^ov est un nom propre (qui signifie javelot) chez les Cypriens; chez nous, il est admis oomme étranger, La métaphore est un nom détourné de son vrai sens, et transporté du genre à Tespèce, ou de l'espèce en genre , ou de l'espèce à l'espèce , ou par analogie du genre à l'espèce, comme
Mon TiHiisseatt s'arrêta;
En effet, rester dans le port c'est s^ arrêter. De l'espèce au genre :
Mille exploits ont d'Ulysse éternisé la gloire ;
mille y en cet endroit, veut dire beaucoup. De l'espèce à l'espèce;
Par le glaive inhumain sa vie est moissonnée,
ou bien,
Le fer tranchait sa vie.
Moissonner^ trancher la vie y expriment le même sens tour à tour, et veulent dire également âter la vie. Enfin, le nom est transporté par analogie, quand, sur quatre objets, le second est au premier ce que le quatrième est au troisième. On pourni donc substituer le second au quatrième, et le
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quatrième au second. Quelquefois même on unit à Vun des objets propres ce qui constitue leurs rapports. Par exemple , la coupe étant à Bacchus ce que le bouclier est à Mars, on nommera le bouclier la coupe de Mars, et la coupe le bouclier de Bacchus. De même encore , le soir étant au jour ce que la vieillesse est à la vie, on appellera le soir la vieillesse du jour, et la vieillesse le soir de la vie , ou bien le couchant de la vie , suivant l'expression d*Erapédocle. Quelquefois un terme analogique n'existe pas entre les objets; on exprime cependant leurs rapports. On dit au propre semer le grain; quant à la flamme du soleil, il n'y a point de verbe analogique ; mais, ce verbe , qui manque, devant être pour le soleil ce que semer est pour le grain , on a dit du soleil :
Semant la divine lumière.
On peut employer différemment cette métaphore , c'est-à-dire, en niant une qualité propre au nom figuré que l'on emploie : ainsi, au lieu d'appeler un bouclier la coupe de Mars, on dira la coupe sans vin. Le nom inventé est celui que le poète crée lui-même : quand pour x^para, bois de cerf\ par exemple , il dit : ?pvuyaç , ramure, et pour îepea , pontife y àpiQT^pa, hiérophante. Le nom étendu est celui dans lequel on substitue, i!i>rie voyelle longue à la voyelle brève qui Imî est propre , çqmme au
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lieu (le TToXêo;, ttcJXyio; ; au lieu de IlYiXei^ou ^Ihfl^yîtiètur, Le nom diminué est celui dont on supprime quelque partie, comme en disant : xpî, îô; ou bien.
Le nom changé est celui dont une partie reste entière, et dont l'autre est inventée, comme Afi^iTcpov '/.OLTOL (la^ov, au lieu de 5g;iov. Les noms se distinguent encore en masculins, féminins et neutres. Les masculins sont ceux qui finissent par v, p , et ; , ou par les deux lettres terminées en ;, c'est-àdire ^ et $. I^s féminins sont ceux qui finissent par des voyelles toujours longues, comme tq et w ou par l'a prolongé : d'où il arrive que les terminaisons des noms masculius et celles des noms féminins sont égales en nombre, puisque ^ $ et cr se terminent de la même njanière. Aucun nom ne finit par une muette ou par une voyelle brève. Trois seulement finissent par i, jjLéXi, )to;i.(jLi, weirept; cinq se terminent par u , ttôO , vairu , yovu , ^opu , a<iT'j. Les neutres se terminent par ces deux voyelles, et par a, v , p , et ;.
CHAPlTRfôXXII.
QiuTlilfS di' la Diction.
La principale qualité de la diction est d'étro claire s.ins être raïupantc. (lelle qui se compose
uniquement des termes propres est claire au plus haut degré, mais dépourvue d'élévation : par exemple celle de Cléophon et de Sthénélus '. La diction élevée , supérieure au langage vulgaire, est celle qui emploie les termes figurés, c'est-à-dire, les mots étrangers, la métaphore , l'extension, tout ce qui n'est pas le terme propre. Si le discours est entièrement composé de cette manière , il sera énigme ou barbarisme: énigme, s'il n'y a que des métaphores ; barbarisme , s'il n'y a que des mots étrangers. La nature de l'énigme est en effet de mêler ce qui est et ce qui ne peut élre. L'énigme ne saurait donc résulter des termes propres, et résulte des métaphores , comme ici : j'ai vu un homme collant avec du feu de V airain sur un homme ^;el dans les autres exemples pareils. Nous avons déjà dit que le barbarisme résultait des mots étrangers. Il faut donc user avec méthode de ces différentes figures. Pour que la diction soit moins vulgaire et rampante , on doit recourir aux mots étrangers, métaphoriques, ornés, à toutes les formes indiquées ci-dessus. On doit aussi employer les termes propres pour que la diction soit claire. Les mots étendus, diminués, changés, ne