C'était la ventouse, qui dans ce tems>là était d'airain
[Note de l'Éditeur.]
servent pas médiocrement à rendre à la fois la diction claire et noble : noble , par ce qui les sépare des termes propres et du langage usité; claire, par ce qui leur est commun avec l^s mots en usaj^e. Ils ont donc grand tort ceux qui blâment dé telles locutions, et travestissent màlignétileot le poète , comme a fait Euclide Tancieii; Peilsuadé sans doute de la facilité d'écrire en ver^ , si Ton pouvait à volonté prolonger ou changer les mois , il a mêlé dans sa prose des vers dérisoires :
J'ai vu marcher Charis aux champs maratkoniques.
et encore :
Il fut dès sa naissance exeltébonsé.
Ce qui est ridicule , c'est de reprendre les poètes qui savent employer avec retenue les formes du langage figuré; je dis avec retenue, car il en faut pour chacune d'elles. Celui qui use immodérément des métaphores, des mots étrangers et des autres formes semblables , produit le même effet que s'il composait une parodie. Mais, si l'on veut connaître évidemment l'excellence de ces locutions en poésie, il n'y a qu'à leur substituer les termes propres. Euripide a fait un vers brillant de ce vers ignoble d'Eschyle dans son Philoctète :
Un ulcère cruel mange mes chairs sanglantes,
A la seconde partie du vers, Euripide substitue
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ces expressions figurées : Se repaie de mu vie. Dans ce vers :
Sans vigueur, sùns trésoi*$^ outragé par le tems.
voyez quel effet |>roduirônt les termes propres substitués aux mots figurés :
Faible , pauvre , enlaidi par la caducité.
ou dans cet autre vers :
Approche un humble siège, une table indigente. Approche un petit siège ^ une iMe grossière ;
OU même ici :
La rive au loin mugit.
La rive retentit,
Ariphrades toutefois se moquait des auteurs tragiques, parce qu'ils emploient des formes inusitées dans le langage : ^(tt|jiotTtov dEiro^ pour ctiro &id- (iMT«yv; ou bien (x£6ev; ou bien eyài iii viv; ou bien encore À^A^ecoç iripi, au lieu de repl kjxKkLtùi^ et ainsi du reste. Ch-, c'est précisément par ces formes inusitées que la diction devient supérieure au langage vulgaire; mais Ariphrades n'en savait rien. 11 est beau d'employer convenablement les noms composés, les noms étrangers, mais surtout la métapboi*e : elle seule doit tout à elle-même, et prouve un génie heureux. Qui sait bien transporter les termes sait bien discerner les objets. Au reste , les noms composés conviennent spécialement aux dithyrambes; les noms étrangers aux
vers héroïques ; la métaphore aux vers iambiques. Cependant le vers héroïque admet à la fois toutes ces formes. Le vers ïambique , imitant de plus près les discours, doit se borner aux parties qui peuvent souvent s y rencontrer, c'est-à-dire les termes propres, les mots ornés et les métaphores. MsLis nous avons suffisamment parlé de la tragédie , et de ce qui a rapport à l'imitation dramatique des actions.