ACTE III, SCÈNE I. 3i
Il va me Tacheter cent écus par respect.
SIR OLIVER
C'est beaucoup; mais n'importe: à ce prix qu'on l'adjuge.
Hosis.
Vous êtes pour le coup vendu, monsieur le juge !
SIR CHARLES
Pour ce gros réjoui, Boniface Dorset,
Qui fut, sous Richard-Trois, maire de Sommerset,
Deux cents francs.
SIR OLIVER
Deux cents francs; mais c'est trop pour un maire.
SIR CHARLES
Encor deux échevins pour terminer l'affaire.
SIR OLIVER
Ces deux échevins, soit; et point de différends.
MOSÈS
Un corps municipal estimé deux cents francs!
SIR CHARLES
Préparez-vous; voici de plus grands personnages, La fleur du parlement, deux Catons, deux vrais sages. Deux orateurs plus forts que tous ceux d'aujourd'hui, Aussi parleurs que Burke, et moins pédans que lui : Mylord Jacques Norton et Benjamin son frèr-e, Très-éloquens soutiens du parti populaire , Des ministres d'alors le tourment et l'effroi , Et toujours gendarmés contre le banc du roi. De la chambre des pairs mylord a fait la gloire ; Les communes de l'autre ont gardé la mémoire.
3a LES PORTRAITS DE FAMILLE.
A ce pompeux éloge il faut un mot de plus : C'est la première fois qu'ils ont été vendus.
SIR OLIVER
Je ne marchande point pour l'honneur des deux chambres, Et pour l'intégrité des honorables membres.
8IR CHARLES
J'en veux mille francs.
SIR OLIVER
Grâce à ce fait singulier, J'accepte : la vertu ne peut trop se payer.
SIR CHARLES
Nos afËdres jamais ne seront terminées;
De mes autres aïeux je veux trois cents guinées;
Voici trente portraits.
SIR OLIVER
Et voici votre argent.
SIR CHARLES
Vous êtes, sans mentir, un admirable agent. Oïl ce fripon de juif a-t-il pu vous connaître?
SIR OLIVER
Mais ce petit vieillard, là, près de la fenêtre, Vous ne m'en parlez pas ; pourquoi donc , s'il vous plaît ?
SIR CHARLES
De mon oncle Oliver vous voyez le portrait; Il réside à Madras.
MOSÈS
Il a l'air hypocondre.