ACTE IV, SCENE IX. 4i
SIR OLIVER
Vous, monsieiur!
SIR GEORGES
De vous voir en parfaite santé.
N'étes-vous pas, monsieur, un parent de ma mère?
StR OLIVER.
Et si proche parent qu'au sein de la misère J'ai mieux aimé, monsieur, gêner un peu ses fils. Et les importuner, que les voir avilis.
SIR GEORGES
Je fais cas du malheur et non de l'opulence; Il n'est de vrai plaisir que dans la bienfaisance : Rendre service à tous est un besoin pour moi ; A vous surtout, monsieur. Si j'étais riche...
SIR OLIVER
Eh , quoi !
SIR GEORGES
Je préviendrais vos vœux : j'ose vous en répondre»
SIR OLIVER
Pourquoi Sir Oliver n'est-il donc pas à Londre?
SIR GEORGES
Sans doute à vous servir on pourrait l'engager.
SIR OLIVER
Mes malheurs près de lui sauraient me protéger; Mais j'ai sur ses neveux fondé quelque espérance: Tout leur bien , m'a-t-on dit, vient de sa bienfaisance; Car il est généreux et plein d'humanité.
4a LES PORTRAITS DE FAMILLE.
SIR GEORGES
Mais ne vantez donc pas sa générosité ! Vous le savez, monsieur, chaque âge a sa faiblesse: Lavarice est toujours celui de la vieillesse. Mon oncle, dites-vous, passe pour généreux: On a fait là-dessus cent .contes merveilleux; J^ai pu les démentir; j'ai cru devoir me taire.
SIR OLIVER
Mais depuis que votre oncle a quitte l'Angleterre, Vous a-t-il envoyé des lingots, des doublons?
SIR GEORGES
Lui, monsieur? non, jamais : quelques jolis chiffons. Mousselines, mouchoirs ^ des plantes étrangères.
SIR OLIVER, iparL
Et vingt mille ducats, dont il ne paHe guères.
SI^ GEORGES
J'ai de vous obliger le plus ardent désir.
SIR OLIVER, iptft
Comment!
SIR GEORGES
Mon frère encor m'enlève ce plaisir.
SIR OLIVER, ipart.
Nous y voilà,
SIR GEORGES
Pour lui j'ai &it tant de dépenses.
SIR OLIVER
Un secours...
SIR GEORGES
Je n'ai rien , grâce aux sommes immenses