ACTE II, SCENE IL
DORLIS.
N'ayez nul embarras:
Il n'en existe aucun. C'est-il assez?
AUBERTIN
Non pas.
DORLIS.
Quoi ! pas encore?
Eh! non. De ses biens il fut maître.
En faveur d'étrangers il a testé peut-être. Force cousins germains furent exhérédés.
DORLIS.
ExKérëdés! quel mot! les vilains procédés! Gourville! un cher cousin! fi! c'est lui faire injure; Il ne m'a jamais vu, d'accord; mais la nature...
AUBERTIN
Ah! fort bien. La nature, et puis la vérité... Point de pathos. Un fait, mais dûment constaté; Bons actes; bons contrats; bons extraits baptistaires; Bon testament bien net, fait par de bons notaires: Avec ces titres-là vous serez héritier.
Tai quarante ans d'étude, et je sais mon métier.
NlIfOIf.
A quoi bon tous les deux vous échaulFer la bile?
HORTENSE
Il est vrai : vous prenez une peine inutile.
NINON
Il ne faut pas, Dorlis, vous animer ainsi;
78 NINON
Car en fort peu de tems tout doit être éclairci. Votre compte, après tout, sera facile à faire; Et ce qui n'est qu'un jeu vous parait une affaire.
DORLIS.
C'est juste. Encore un mot. Voyons quels sont mes biens.
Les siens.
DORLIS.
Le chicaneur ! eh bien ! passons. T^s siens?
AUBERTIN
D'abord cent mille francs, qu'on lui doit avec termes.
DORLJS.
Cent mille francs! c'est bon.
ACBERTIN.
Sa maison, ses deux fermes.
DORLIS.
Vous estimez cela?
AUBERTIN
Cinquante mille écus.
DORLIS.
Cinquante mille écus! c'est bon.
AUBERTIN
Il a de plus Trois cent mille francs...
DORLIS.
Bon.
AUBERTIN
Déposés.