‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 3)Chapitre 47 sur 178 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

DORLIS.

L'honnête homme!

AUBERTIN

Madame a conservé le tiers de cette somme.

DORLIS.

Ma foi, quand il est mort, vive un cousin germain!

( A If inoB. )

Et votre somme est prête?

NINOZr.

Elle est en bonne main.

Nous n'aurons sur cela nulle dispute ensemble.

DORLIS.

Le reste...

AUBERTIN

Est au pouvoir d'un saint homme.

DORLIS.

Ah! je tremble.

NINON

Du grand pénitencier.

AUBERTIN

Monsieur l'abbc Brulard.

Je le verrai bientôt.

AUBERTIN

C'est un maître cafard.

DORLIS.

Jp n'en toucherai rien.

NINON

Je le crois.

8o NINOJN.

DORLIS.

Je le gage.

UORTENSE.

Vous tenez là, Dorlis, un étrange langage.

Mon tendre amant nVst plus qu'un avide héritier;

Vous nous fuites subir un inventaire entier.

On dit Gourville mort... et vous pouvez le croire;

Mais dW parent du moins respectez la mémoire.

Quant à moi, je l'aimais, et l'aimerai toujours.

Je vous l'ai dit : j'ai peine à souiîrir vo» discours.

Vouloir connaître à fond la fortune des autres!

Vous enquérir des biens qui ne sont pas les vôtres !

Pourquoi ce long détail?

DORLIS.

Pour les mettre à vos pieds.

Ils me deviendraient chers si vous les possédiez. Ma tendresse pour vous ne doit point vous déplaire: C'est un amour décent, fait par devant notaire. Au bonheur d'un époux il faut vous résigner.

Triwow.

C/cst <*e qu'elle fera.

DORLIS.

Vous pourrez le signer Dès demain, dès ce soir, s'il vous plaît d'y souscrire. Ah! vous baissez les yeux, et je vous vois sourire. Vous vous calmez; allons: vous recevrez ma foi.

IIORTKNSE.

Vous, mou époux, Dorlis! vous tics fou, je cit)i?

Page 1