ACTE III, SCÈNE I
D^ime auguste famille enfans dégénérés , Flétrissant les aïeux qui les ont illustrés. Le sort m'a refusé, je ne veux point le taire, D'un long amas d aïeux Téclat héréditaire; Et Ton ne me voit point, de leur nom revêtu, Par dix siècles d'honneur dispensé de vertu; Mais je sais mépriser ces vains droits de noblesse, Que la force autrefois conquit sur la faiblesse. Ah! Suger, Olivier, de qui les noms vantés Seront de siècle en siècle à jamais répétés. Aux postes les plus hauts s'ils ont osé prétendre, Fut-ce par leur naissance? et dois-je vous apprendre Que, d'eux-mêmes portés à ce rang glorieux. Ils comptaient des vertus et non pas des aïeux ? Je ne me place point parmi ces grands modèles; Mais, s'il est dans l'État des citoyens fidèles. Parmi les plus zélés, j'ose au moins le penser, Et la France et vous-même avez dû me placer.
LORRATlfB.
Il est vrai; je l'ai dit, je le redis encore : Votre vertu m'est chère, et la France l'honore. • On pourrait toutefois..» pardonnez cet aveu: Vos ennemis pourraient la soupçonner un peu. Vos amis, qui comptaient sur votre expérience. Osent vous accuser de quelque imprévoyance. Depuis qu'en un tournoi l'ardent Mongommeri Blessa d'un coup mortel nnfortuné Henri , Nous voyons le torrent des guerres intestines
aiiS CHARLES IX.
Semer les champs français de meurtre et de ruines;'' La paix a de nos maux trois fois rompu le cours; Et, toujours étouffés, ils renaissent toujours. Il faut détruire enfin ces germes homicides; Mais vous ne donnez, vous, que des conseils timides. G^mplaire tour à tour aux partis opposés f Voilà dans tous les tems ce que vous propose^. Unissons, dites-vous, protestant, catholique; Et vous ne songez pas que votre politique Fomente autour, de nous des troubles étemels; Qu'elle offense l'État , qu'elle insulte aux autels ! Ce projet trouverait Un obstacle invincible: On n'exécute rien quand ou . veut l'impossible. Je ne demande point la guerre et les combats: Ils n'ont que trop duré ; mais dans tous les États Il faut, et c'est à vous. Monsieur, que j'en appelle. Une Religion constante, universelle.
Solide, et craignant peu le vain emportement D'un peuple qui toujours se plut au changement. Choisissons désormais. Ces deux cultes contraires Enfanteraient encor des malheurs nécessairies : Un seul doit réunir nos peuples et nos rois; Et tous les protestans sont ennemis des lois«
l'hospital.
Ministre des autels, quelle est votre espérance? Eh quoi ! prétendez-vous renouveler en France T^s sanglans tribunaux à Madrid révérés ? N'enchaînez point les cœurs par des liens sacrés.