ACTE III, SCÈNE I. aag
Jji vertu des humains n'est point dans leur croyance: Elle est dans la justice et dans la bienfaisance. De quel droit des mortels, parlant au npm des Cieux, Nous imposeraient-ils un joug religieux?
Comment déterminer la borne des pensées ? N'allez pas recourir à des lois insensées Qu'une ignorante haine a pu seule établir : Loin de les réclamer, on doit les abolir.
LORRAINE
Ce n'est pas là du moins ce que le Roi veut faire : Il a mieux profité des leçons de sa mère; Tou3 deux sont fatigués de nos dissensions; Et je crois être sûr de leurs intentions. Le roi peut ce qu'il veut.
l'hospital.
Quelle horrible maxime !
C'est ainsi qu'un monarque est traîné dans l'abîme. Si Charles vous croyait... Juste Ciel ! j'en frémis ! Quoi ! de leur liberté lâchement ennemis, Je verrais les Français, martyrs du fanatisme. Entre les mains des rois placer le despotisme ! Non,non; connaissez mieuxleurpuissanceetnos droits : Nous sommes leurs sujets, ils sont sujets des lois. Il est, il est. Monsieur, de ces princes sinistres. Destructeurs d'un pouvoir dont ils sont les ministres; Mais, lorsque, tout à coup dissipant leurs flatteurs, Faisant évanouir les songes corrupteurs, Le jour est arrivé, le jour do la vengeance
a32 CHARLES IX.
SeÈNE IL
CHARITES, CATHERINE, L'HOSPITAL, IX>R- RAINE, GUISE, autres membres py Coi^seil.
(Lm gardes et les pages accompagneiit le Roi aa conseil, et ae retireot)
Prenez place, Messieurs; parlez, éclairez-moi. Écouter ses sujets est le devoir d'ua roi: Aidez de vos conseils un prince qui vous ain^e ; Songez à mon empire et non pas à moi-même. Dix ans déjà passés, un édit important Permit dans mes États le culte protestant. Je veux qu'un tel édit fut alors nécessaire ; Mais il n'a pu doni^er qu'un calme imaginaire^ Vous le savez. Madame; et de nos deux traités Nous avons recueilli des fruits ensanglantés. Un troisièipe est conclu : qu'il nous soit moins funeste! On se repent : je veux oublier tout le reste. Au destin de ma sœur Bourbon vient d'être uni; De gloire et de bienfaits j'ai comblé G>ligni. Je vois l'homme d'État et non plus le rebelle: Je lui rends une estime , une amitié nouvelle, Condé me sera cher : et tous mes vrais amis Ne se compteront plus parmi leurs ennemis. Ne vous alarmez pas : mes bontés , je l'espère , Vont les rendre aujourd'hui plus soigneux de me plaire;