‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 173 sur 246 · ACTE II, SCÈNE II. 3i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. 3i

Arrêtez : de mon Dieu j'entends la voix terrible; Il m*échaufre, il me presse, il accable mes sens. Eh bien ! j'obéirai ; c*en est fait , j*y consens : Je répandrai le sang de ce peuple perfide. Après tout, ce n'est pas le sang qui m'intimide : Je voudrais me venger; mais, ce grand coup porté, Ma couronne et mes jours sont-ils en sûreté ?

LA RBINB-MBRE.

Ils y seront alors.

LB ROI DB FRANCE

Vous avez ma promesse ; Mais , je dois Favouer, soit prudence ou faiblesse , J'aurais voulu choisir un parti moins affreux. De mes prédécesseurs les ordres rigoureux Ont souvent, je le sais, sous des peines mortelles. Interdit aux Français ces croyances nouvelles. Je croyais rétablir les antiques édits ; Je voulais au Conseil en proposer Tavis.

LB CARDIlfAL.

Il faut les rétablir, mais après la vengeance.

Des esprits toutefois gagnons la confiance :

Proposez votre avis. Vous allez effrayer

La moitié du Conseil, surtout le Chancelier;

Mais tout dissimuler serait une imprudence.

On peut se méfier d'un excès de clémence.

Proposez votre avis. Un si vaste projet

Veut de Fart, veut des soins, veut un profond secret.

Tout va bien jusqu'ici : votre épouse l'ignore;

La cour en ce moment ne le sait pas tencore;

Nos guerriers l'apprendront une heure avant la nuit.

Mais, Sire, eux exceptés, qu'aucun ne soit instruit;

Que l'Amiral trompé...

3ia CHARLES IX.

Je me fis des «mis ^dans le parti contraire: L'ambitieux Condé, s'âoignant de son frère, Bon sujet un moment, mais afin d*étre roi, Crut m'acheter lui-même, et se vendit à moi. Ayec Montmorend je vis enfin s'éteindre Le nom des Triumvirs, qui n'était plus à craindre. Ce vieux soldat, toujours contre moi déclaré, Rejoignit dans la tombe et Guise et Saint* André. D existait encor des ligues insolentes.

Contraint de recourir à des trêves sanglantes, Nous avons trop connu les différens pfurtis : Long-tems de leur pouvoir ils nous ont avertis. Mon fils; et, si bientôt vous n'agissez, peut-être Ce Coligni bientôt deviendra notre maître.

LE EOI DE PEAlfCE.

Qui ? lui !

LA EBIIfE-MBEE.

Tai dit le mot : c'est à vous de penser, Si vous avez encor le tems de balancer. Devant vous, à l'instant, ne viens-je pas d'entendre Ses discours, ses conseils, ce qu'il ose prétendre? Et n'avez-vous pas vu que son esprit jaloux Veut m'écarter moi-même, et dominer sur vous? Le nom de la patrie est toujours dans sa bouche; Mais de ses vains discours l'austérité farouche, Trompant quelques esprits, ne peut m'en imposer : Ses avis sont d'un maître ; et j'ai dû supposer, D'après tous ces combats où sans cesse il aspire , Qu'il veut accoutumer le peuple à son empire.

LE ROI DE FRANCE

Je lai souvent pensé ; je le sens, je le croi. Pourtant....

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