A M. DE MENNEVAL
MONSIKUE,
Aurez-vous encore la bonté de vous souvenir de moi ? Pouvezvous et voulez-vous me rendre le service de mettre sous les yeux de Sa Majesté Impériale la lettre que je prends la liberté de lui adresser? Ma situation est biefa criti()ue, et le résultat de cette démarche important pour moi. Veuillez, Monsieur, me faire un mot de réponse, et me croire avec les sentimens les plus distingués d'estime , de considération et de reconnaissance ,
Votre très-humble et très-obéissant «erviteur,
Paris, ce aa mai 180$.
A L'ÉDITEUR. xxxui
llien de plus facile à expliquer que ces faits. Eu abattant le Directoire, en reprenant le pouvoir à des mains inhabiles pour le transférer à des mains vigoureuses, Chénier n'avait pas cru ruiner. la République, mais la consolider. 11 avait cru ne donner qu'un tuteur à la liberté, qu'il croyait nécessaire de sauver pour sauver la France. Napoléon, qui, au contraire, croyait que, pour sauver la France, il fallait sacrifier la liberté, s*en fit loppresseur. De là leurs divisions ; de là cette violence avec laquelle Chénier attaqua les systèmes du Consul dans le Tribunat, et Timpatience avec laquelle Napoléon supporta les attaques de Chénier; de là les censures amères mêlées à nos chants de victoire par Chénier, qui blâmait dans le Consul et dans l'Empereur le génie militaire qu antérieurement il avait tant. vanté dans le général et dans le citoyen. A ces causes se joignait sans doute le secret dépit d'avoir été joué; et| certes, il y avait Ueu à rancune; mais n'était-ce p^ sur Fouché, doUfahricator^ qu'en devaient tomber les effets?
Renégat de la révolution , si ce ministre poursuivait dans Chénier un homme resté fidèle à cette cause, un autre ministre, quoiqu'il y f(it renégat aussi, n'en crut pas moins devoir venir au secours d'un obstiné, qui, n'ayant pas su sacrifier ses opinions à sa fortune, n'avait pas fait d'économies. Pour parer aux premiers embarras, Chénier aviat imaginé de faire imprimer le plus inagnifiquement possible l'épitre qui faisait sa gloire jet s%& malheurs^: Uexpédient était dangereux : le^.minîsfre qui avait dénoncé la première édition de cette épîtrç. ^an" vait. pn>voquc^. Vil suppression. 4^ la seconde*. Détour-'
GEoTres aocieiiim. I. ^