‹ Œuvres completes de M.J. ChenierChapitre 27 sur 98 · SUR LE RÉVEIL DES SCIENCES · texte numérisé non relu

SUR LE RÉVEIL DES SCIENCES

Séance da 7 Tendémiaire an m ( a8 septembre 1794, vîeox aiyle).

Citoyens RSPRisEicTAirs,

Quand l'Instruction publique peut espérer de renaître au moment où la Convention nationale se prononce fortement en faveur des arts fix>issés longtems par des amours-propres tyranniques , en faveur des sciences persécutées et avilies par l'ignorance dominatrice , il est nécessaire , il est instant d'imprimer aux fêtes nationales un caractère solennel, et d'en écarter sans retour les détails minutieux, les images stériles, également indignes du génie du Peuple, et des talens qu'il rallie autour du char de la Liberté. C'est là votre vœu, Représentans; et votre Comité d'instruction publique est animé du même désir; mais, chargé par vous de faire

iSa CONVENTION NATIONALE.

célébrer, le lo vendémiaire % une fête relative aux victoires rapides de nos armées, et à l'entière évacuation du territoire républicain , il doit vous rendre un compte fidèle des entraves qu'il rencontre dans sa marche. Vous sentirez comme lui sans doute qu'il est indispensable d'établir promptement dans cette partie des moyens d'exécution vastes, mais simples, et dont le développement facile réponde à la majesté du Peuple souverain.

Le Comité d'Instruction publique a été péniblement affecté eçi comparant la grandeur des évènemens qu'il s'agit de retracer dans nos fêtes nationales et la faiblesse , pour ne pas dire la nullité des ressources créées jusqu'ici pour leur célébration. Il a vu, d'un côté, nos guerriers victorieux au centre de la République et sur tous les points de la frontière; le télégraphe devenant chaque jour un signal de triomphe, chaque jour annonçant à la Convention un nouveau succès de nos armées, et, au même instant, reportant ai» armées un nouveau témoignage de la reconnaissance nationale: et, au milieu de tant de prodiges,

I. Cette fête fut ajournée au 3o vendémiaire de la même année; et la Convention chargea son comité d'instruction publique de lui présenter un nouveau projet pour que cette fête fAt générale dans la République. Foyez le Rapport suiyant. {Note de V Éditeur. )

CONVENTION NATIONALE. i53

il a vu, (Tun autre côté, des arts paralysés; des talens rebutés par un long dédain, nuls monumens durables et forts comme la Liberté, mais des matériaux sans cohérence, des esquisses sans dignité, des inscriptions où la raison et la langue française sont également dégradées; un despotisme capricieux et puéril enchaînant la pensée des artistes; des plans bizarres sans- originalité, durs sans énergie, fastueux sans véritable richesse, monotones sans unité; des fêtes, en un mot, colossales dans leur objet, petites dans leur exécution, et n'offrant d'imposant que la présence du Peuple, qui a voulu la République , et de la Convention , qui l'a fondée.

Les sectateurs du nouvel Omar ' ont tout combiné pour anéantir l'instruction publique en France : d'où il résulte que nos fêtes nationales n*ont pu avoir et ne peuvent avoir encore le caractère auguste qui leur convient. En effet, tout se tient dans llnstruction publique. Sans la Gymnastique, par exemple, qui faisait le principal charme des jeux publics dans Athènes et Lacédémone, ne vous flattez pas d'avoir jamais des fêtes dont le but soit utile, et l'intérêt puissant. Sans de vastes arènes couvertes, vous n'obtiendrez jamais des exercices gymnastiques. Quant aux jeux scé-

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