I. Voyez le Rapport suivant. (Note de l'Éditeur
nature sont les seuls dont la réussite ne soit pas incertaine , dont les conséquences ne soient pas désastreuses, quand on veut s'opposer au torrent des erreurs superstitieuses! Les préjugés sont des maladies chroniques : la patience et le régime guérissent le malade; les remèdes extrêmes lui donnent la mort. La guerre redoutable aux préjugés est une guerre philosophique; les préjugés sont des opinions : on ne tire pas le canon contre eux. On peut tuer les hommes ; on ne saurait tuer l'opinion. Tout pouvoir fondé sur la violence doit périr : la Raison seule est éternelle. L'Opinion publique peut suivre quelquefois une direction dangereuse : alors un gouvernement habile lève des philosophes, et non des armées. Quand l'Opinion est foulée aux pieds, il y a oppression; et, quand il y a oppression, la force insurge en plein jour; la Êdblesse assassine pendant la nuit. liCs crimes appellent les crimes, et ne les appellent jamais en vain : si la tyrannie fait la Saint-Barthelemi et la guerre des Camisards, la vengeance Êdt les Vêpres siciliennes et les massacres dirlande.
Certes, des législateurs ne doivent jamais perdre de vue que le sceptre et la tiare sont unis par une chaîne qui pèse sur les Peuple$. Certes,, les rois et les prêtres ont toujours été des alliés naturels; et la Convention nationale a besoin de toute sa fermeté pour réprimer, pour anéantir ceux qui
voudraient faire de l'autel le piédestal de leur statue, ou la première marche de leur trône; mais, si FoD ne veut perdre la chose publique , il &ut bien se garder d'écouter encore ces déclamateurs éoet^umèuesqui, dans leursdébauches d'athéisme, prenant l'ivresse pour de l'enthousiasme, voudraient égarer la raison du Peuple dans le chaos de leurs abstractions délirantes, et qui, trop peu politiques poursavoiratteodre, trop peu penseurs pour savoir douter, dénonceraient Fénélon et Las-Cazas comme des persécuteurs fanatiques, J.<J. Rousseau comme un dévot. Voltaire comme un homme à préjugés, Bayle et Montaigne, ces sceptiques célèbres , comme des modérés en philosophie.
Vous avez fait de grandes choses, Représentans; il vous en reste encore à faire; et la République les attend de vous. Le jury des siècles s'avance: il pèsera vos actions, vos lois, vos intentions. Oi ne fait jamais un pas rétrograde, quand on marche vers les principes. Malheur au gonvemement insensé qui veut mettre ua impôt nr k» ooaicieDCcsi Les pasnons font de mauvais slateurs; l'injustice est toujours impolitique. ne la politique, toute la législation, sont reoi trois choses : Raùon, Justice,
CONVENTIOJN NATIONALE. 175
Une fête civique sera célébrée, chaque décadi, dans toutes les Communes de la République.
Les Communes choisiront elles-mêmes le local qui conviendra le mieux à la réunion des citoyens; la fête sera célébrée en plein air, quand le tems lepen..,»,. ^^
Les sexagénaires des deux sexes auront une place honorable dans le lieu où les citoyens se rassembleront pour célébrer la fête décadaire.
La fête commencera par une instruction morale ^ mise k la portée de tous les citoyens. Cette instruction sera confiée à des pères de famille.
Un membre du conseil général de la Commune, et, dans Paris, chaque président de Section, lira, immédiatement après l'instruction, les décrets envoyés par la Convention nationale dans le courant
de la décade.
Des chants patriotiques succéderont à la lecture
des décrets.
La fête sera terminée par des danses et par
d'autres exercices adaptés aux mœurs républi*
caines.
Le Comité d'Instruction publique est autorisé à employer les gens de lettres et les artistes les plus distingués par leurs talens et par leur civisme, afin d'accélérer la compoûtion d'un cours d'instruction morale et d'un recueil de chants patriotiques conformément aux articles III et lY.
Le Comité dlnstruction publique fera un rapport à la Convention nationale sur les récompenses à décerner aux gens de lettres et aux artistes qui seront chaînés de composer les ouvrages indiqués dans l'article précédent.
La Commission executive de l'Instruction publique veillera à la prompte exécution du présent Décret.
La Conveodon décrète l'impression de. ce Rapport, et rajoumement du projet à trois jours.
RAPPORT
AU NOM DU œMITÉ D'INSTRUCTION PUBLIQUE,
SUR DBS SXGOUIS A ACCO&DXR