GÉN^BALE
Séance du i** thermidor an m ( 19 juillet 179$ , ▼ieux itjle).
ClTOYEWS-REPBJÉSEWTAirS,
AU moment où un nouveau terrorisme s'élève^ la Convention nationale doit le frapper comme elle a fait l'ancien : en conséquence » votre Comité de Sûreté générale m'a chargé de vous présenter la proclamation suivante.
La Convention nationale au Peuple Français.
Français! il a existé dans la République une faction désorganisatrice, altérée de sang et de rapines. En parlant des droits du Peuple , elle avait usurpé la souveraineté ; en parlant de Liberté , elle avait organisé la tyrannie. Elle a long-tems agité la France par des convulsions anarchiques; elle s'est
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baignée dans le sang des Représentans les plus fidèles, des Républicains les plus énergiques, des citoyens les plus éclairas et les plus vertueux. Le 9 thermidor, la ConTention nationale a frappé les chefs de cette &ctioh coupable; le la germinal, elle a bravé ses poignards; le 4 prairial, elle a terrassé ses débris ; mais elle ne souffrira point , qu'une nouvelle anarchie se mette à la place de la Loi. Elle veut le règne de la justice, et non pas la domination du crime; elle n*a point brisé les échafauds de la terreur pour relever un trône; elle a voulu servir la cause de la Justice, et non les atroces vengeances de la Royauté.
Cependant ses vils calomniateurs ont osé publier qu'elle allait rétablir Fempire de la terreur, et ramener Tanardiie. Des homme» profondément coupables^ se cachant sous Un voile qui n'est pas encore soulevé, et faisant Mouvoir à volonté des étrangers, des agioteurs, des hommes sans aveu, des émigrés rentrés sur le territoire de la République, exécutaient eux-mêmes le plan sinistre dont ils accusaient la Convention nationale.
En effet, qu'est-ce que l'anarchie, si ce n'est la violation de la loi , lavilissement des autorités légitimes, la volonté de chaque individu substituée à la volonté générale? Qu'est-ce que la terreur, si ce n'est le régime de l'arbitraire et l'empire de la violence? Eh bien! les lois sont violées, la Con-
vention i\ationaIe outragée , le (k^uveroement bravé. Le cri de la vengeance se fait entendre ; il étouffe la voix de la justice. Des massacres sont commis dans plusieurs communes; on. provoque des massacres nouveaux; on désigne publiquement des victimes; et, comme au 3i mai, on les choisit même dans la Convention nationale. Tan- • dis qu'elle s'occupe saqs relâche de maintepir la sûreté des citoyens, son silence piagnanime sur les périls qui ne menacent qu'elle est une nouvelle preuve de son courage , et du profond mépris qu'elle a pour les assassins.
Le prix de cinq années de révolution ne sera ppijit perdu; des hommes nouveaux proscriront en vain les conquérans de la Liberté. Brave jeunesse qui combattez sur toutes les frontières les ennemis de la Patrie! la République, scellée de votre sang, se maintiendra par vous et pour vous. Le tems est venu où la loi seule doit planer sur tous les partis, où toutes les factions doivent s'anéantir devant la majesté nationale, où les terroristes anciens et nouveaux doivent être punis. Nous n'avons pas vaincu pour des jacobins ou pour des rois; nous avons combattu, nous avons vaincu tous ensemble pour la Liberté : elle est le prix de nos travaux, de nos veilles, de nos sueurs, du sang généreux de nos parens et de nos amis. Après avoir terrassé les nombreuses armées des
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rois et la &ction colossale des anarchistes révolutionnaires, il suffira d'un coup-d'ceS pour dissiper ce nuage d'insolens pygmées qui osent méconnaître l'autorité nationale. D'abondantes moissons couvrent la terre des hommes libres, et feront bientôt cesser les maux du Peuple. La paix si désirable s'approche, conquise et consohdée par vos triomphes; et tous les bons citoyens se reposeront de leurs Csitigues sous l'ombrage sacré de la Constitution républicaine.
On applâodit.
La conveodon nationale décrète l'impressioii, la distribution , l'affiche dans Paris , Tinsertion au Bulletin y Tenvoi aux départemens et anx armées , de la proclamation présentée par Chénier, au nom des Comités de Salut public et de SArett générale.
CONVENTION NATIONALE. a8i
RAPPORT
▲U IfOM DES COMITÉS d'iICST&UCTION PUBLIQUE ET DBS
FINAICCES f
sua l'oeganisatioii