‹ Œuvres completes de M.J. ChenierChapitre 58 sur 98 · AUX CITOYENS DE LA COMMUNE DE PARIS · texte numérisé non relu

AUX CITOYENS DE LA COMMUNE DE PARIS

AU HOM DES COMITÉS DE SALUT PUBLIC I^T DE SUEETÉ ciNiEALE^

Séance da 14 vendémiaire an IV (6 oct. 1795, yieox style).

Citoyens,

En attendant que les Comités de Salut public et de Sûreté générale présentent le tableau de ce qui s'est passé dans les journées mémorables des J2 et i3 vendémiaire, je suis chargé de vous soumettre une proclamation aux bons citoyens de Paris, que l'on veut encore égarer. Je vais vous en donner lecture.

La Ck)nuention nationale, aux Citoyens de la

Commune de Paris.

Dans la journée du 1 3 vendémiaire , les rebelles ont osé attaquer à force ouverte la Convention nationale. Ce n'était plus par d'atroces calomnies , par des imprécations homicides ; c'était les

3oo CONVEMnON NATIONALE.

armes à la maia que les Royalistes provoquaient le massacre des Représentans du Peuple , et toutes les horreurs de la guerre civile. Sur trois points difFérens, ils ont port^ 1^ preqiiers coups. Les troupes de la République, qui avaient reçu l'curdre de ne pas commencer le oombat , mais de repousser la force par la force , n'ont employé leuis armes qu'après avoir essuyé la fusillade des révoltés. Les Républicains, forcés de vaincre, ont vaincu : ainsi le Peuple firançais et la Convention nationale ont encore une fois triomphé des factieux ; ainsi la Loi s'est trouvée plus forte que bi rébellion.

La Convention nationale, puissante et juste comme la Nation qu'elle représente, sera œ qu'elle était avant la victoire: indulgente pcér l'erreur, sévère seulement contre le crime. Dsttis ce moment les rebelles sont soumis , même dans le quartier -général de la section Lepelletier ' ,

I . Dans la fameuse journée de vendémiaire , Chénier s'était déjà prononcé d'une manière très-énergique sur la révolte des sections de Paris. IJn député ayant dit à la Convention , après avoir inculpé quelques-uns de ses collègues, que , si les troupes de la République mettaient bas les armes , les rebelles consentiraient à se retirer tranquillement , Chénier s*élançâ à la tribune , et s'écria :

«Je suis étonné qu'on vienne nous dire ce que demandent n des .sections en révolte. Il n'y a point de transaction. La « Convention nationale connaît toute l'étendue de ses devoirs;

CONVENTION NATIONALE. 3oi

)3rincipal foyer de révolte. Que les partisans de Tordre demeurent paisibles; qu'ils se reposent avec confiance sur les intentions paternelles^ du Gouvememetit. Tout acte de rébellion 'sera réprimé; le crime sera puni; les citoyens égarés seront instruits ; les Patriotes amis des lois seront honorés par la reconnaissance publique ; les propriétés ^ront inviolablement Respectées ; la Constitution survivra aux coupables manœuvres des émigrés, des chouans , des royalistes, des fanatiques et des agioteurs.; et cette nouvelle victoire est Tépoque du terme glorieux de la Révolution «t de l'étemel affermissement de la République.

La Convention nationale applaudit, et décrète que cette adresse sera insérée au Bulletin y proclamée et affichée surle-champ dans Paris.

Chénier propose de plus à l'assemblée de décréter que les républicains qui ont vaincu les rebelles royalistes dans les journées des i3 et 14 vendémiaire n'ont cessé de bien mériter de la Patrie. On applaudit de nouveau, et l'on décrète cette proposition.

« elle représente le Peuple français ; elle est investie de sa « puissance. Il n'y a pour la Convention d'autre honneur que « dans la victoire ou dans la mort Quand elle aura vaincu , « elle saura distinguer les hommes égarés d'avec les coupables. « n est possible qu'il y ait des assassins; mais les assassins sont « parmi les révoltés. » Vifs applaudissemens.

(Note de l'Éditeur.)

3oa CONVENTION NAUONAU:.

DISCOURS

AU NOM DES COMlTlEs DE SALUT PUBLIC XT DK SUABTi

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