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I. La Convention fVit convoquée en vertu du décret rendu, le ao septembre 179^1, par l'Assemblée nationale tenant sa dernière séance; et, le lendemain, cette même Assemblée ayant déclaré sa mission remplie, les députés à la nouvelle législature quittèrent la salle du palais des Tuileries, où ils avaient été convoqués , et se transportèrent au Corps législatif. Là, sous la présidence de Pétion, la Convention nationale se constitua définitivement. (Nofe de VÉdiiewr.)
OEavres anciennes. V. 4
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diverses contrées du inonde , ont mûri la raison humaine , et préparé les voies de la liberté , doivent être regardés comme les alliés du Peuple français. Vous pouvez resserrer cette alliance par les nœuds d'une adoption glorieuse. Quand Rome, souveraine et libre, avait assujetti tous les trônes de l'univers, les rois briguaient l'honneur d'être élevés à la dignité de Citoyens romains. Ce ne sont point des tyrans que nous vous proposons d'adopter au nom du Peuple français, mais des philosophes courageux, qui ont sapé les fondemens de la tyrannie. Décernez aux vertus, aux talens, à l'amour de la Liberté, une illustre et digne récompense ; et que les bienfaiteurs de l'humanité soient déclarés Citoyens français.
Parmi ces bienfaiteurs nous distinguons particulièrement ceux dont les écrits lumineux ont servi la liberté américaine ou la liberté française : Payne, l'immortel auteur du Sens-commun et du beau livre des Droits de V homme; Madisson, qui, dans le Fédéraliste , a développé avec profondeur le système des confédérations ; le docteur Priestley,» que ses malheurs ont couvert de gloire autant que ses vertus et son génie ; Makintosh , qui a réfuté avec une éloquente dialectique les amplifications de M. Burke contre la Révolution françaisç; Horne-ToQch, partisan déclaré de cette révolution, et qui, malgré toutes les aristocraties
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coalisées. à Londres pour maintenir dans la Constitution d'Angleterre les vices nombreux qui la déparent, a sollicité dans une pétition célèbre la réforme de la représentation nationale. L'estime de l'Eurc^e vous signale encore Wilberforce, le plus zélé, le plus éloquent défenseur des Noirs; Robertson , sage et profond historien , ardent ami de rhumanité; Naper-Tandi, patriote irlandais, qui a soutenu les droits de l'Irlande avec le coupage d'un homme libre , et les talens d'uiï homme d'État ; William-Bolts , auteur de V Histoire philosophique et politique du Bengale y persécuté par le lord Clive et par la compagnie d'Angleterre, pour avoir chéri Fhumanité , pour avoir cru que les malheureux Indiens n'étaient pas destinés par la Nature à gémir éternellement sous le joug du ministère anglais.
A côté de ces excellens citoyens du rtionde, nés sur le sol fécond des îles britanniques et de l'Amérique septentrionale, l'Italie vous présérite la philosophe Ooraâi, honoré par la haine, îAtistré par la persécution de la maison d'Autriche, cette grande ennemie du bonheur dés hôhnlnés. L'AlletBagne , courbée sous lé triple joug d!e là ^raniiié mûtiarchique , militaire et féodale , a vu s'élever quelques esprits généreux, qui se sont faits libres au sein de la publique servitude. Campe, littérateur di^tingoé, a d^iida lia Liberté fran-
Sa MÉLANGES.
çaise dans plusieurs écrits énergiques; il a pro^* clamé les droits de Thomme , et propagé dans sa patrie ces principes immortels qui briseront les fers de tous les peuples du monde. De Pauw, fléau de tous les préjugés, en écrivant sur les Grecs j les Chinois et les Américains, a rendu depuis long-tems aux hommes qui savent lire tous les services qu'on peut attendre d'une raison supérieure, aidée d'une imagination féconde, et d'une vaste érudition. Dans la Suisse, le cultivateur Pestalozzi a bravé l'aristocratie, et réclamé dans ses ouvrages les droits méconnus du peuple helvétique. Enfin , sur les bords de la Yistule , quand une nation entière , désarmée , semble se prosterner aux pieds d'une femme ambitieuse et cruelle ' , le maréchal de la confédération de Pologne , Malakouski , n'est point complice du découragement général : il offre un grand exemple à ses compatriotes, et reste seul debout sur les ruines de la liberté polonaise.
De tels hommes, Législateurs, ont bien mérité de la France, puisqu'ils ont été les apôtres, les soutiens , les martyrs de la Liberté. Nous vous demandons pour eux les droits de citoyens français. Payez la dette du genre humain : vous serez payés à votre tour par l'approbation publique. £h!
1. Catherine II , impératrice de Russie. (^Note de VÉdii^wr,)
si le choix du Peuple portait ces hommes illustres à la Convention nationale , quel spectacle imposant et solennel offrirait cette Assemblée qui va déterminer de si grands destins ! L'élite des hommes réunis de tous les points de la terre ne semblerait-elle pas le congrès du monde entier? Ce n'est point par des inepties diplomatiques, par des négociations tortueuses entre des cours qui sont convenues de se tromper mutuellement , . mais par de telles adoptions qu'il est possible de réaliser cette fraternité universelle , premier vœu des philosophes , premier but de Tordre social. "^ C'est ainsi que la Liberté s'élèvera sur les débris de l'édifice féodal et du colosse monarchique , et que toutes les Nations pourront se reposer un jour sous l'ombrage de l'Égalité.
L'Assemblée nationale applaudit , et ordonna l'impression de la pétition.