A LOUIS DAVID, PEINTRE
Xleprends ta robe d*or, ceins ton riche bandeau,
Jeune et divine Poésie!
Quoique ces tems d'orage éclipsent ton flambeau , Aux lèvres de David , roi du savant pinceau ,
Porte la coupe d'ambroisie.
La Patrie, à son art indiquant nos beaux jours,
A confirmé mes antiques discours , Quand je lui répétais que la Liberté mâle
Des arts est le génie heureux;
Que nul talent n'est fils de la &veur royale ;
Qu'un pays libre est leur terre natale.
Là, sous un soleil généreux, Ces ^rts, fleurs de la vie, et délices du monde.
Forts, à leur croissance livrés,
Atteignent leur grandeur féconde : I^a palette offre l'âme aux regards enivrés;
Les antres de Paros de dieux peuplent la terre; L'airain coule et respire; en portiques sacrés S'élancent le marbre et la pierre.
Toi-même, belle Vierge, à la touchante voix,
Nymphe ailée, aimable Sirène!
Ta langue s'amollit dans les palais des rois; Ta hauteur se rabaisse; et d'enfantines lois
Oppriment ta marche incertaine; Ton feu n'est que lueur, ta beauté n'est que fard.
La Liberté du génie et de l'art T'ouvre tous les trésors; ta grâce, auguste et (ière,
,. De nature et d'éternité Fleurit ; tes pas sont grands ; ton front , ceint de lumière. Touche les cieox; ta flamme agite, éclaire,
Dompte les cœurs. La Liberté, Pour dissoudre en secret nos entraves pesantes.
Arme ton fraternel secours:
C'est de tes lèvres séduisantes Qu'invisible elle vole; et par d'heureux détours Trompe les noirs verroux, les fortes citadelles, Et les mobiles ponts qui défendent les tours.
Et les nocturnes sentinelles.
Son règne , au loin semé par tes doux entretiens , Germe dans l'ombre au cœur des sages :
Ils attendent son heure, unis par tes liens.
Tous, en un monde à part, frères, concitoyens,
Dans tous les lieux , dans tous les âges.
Tu guidais mon David, à la suivre empressé,
Quand, avec toi, dans le sein du passé,' Fuyant parmi les morts sa patrie asservie ,
Sous sa main, rivale des Dieux, Ija toile s'enflammait d'une éloquente vie; Et la ciguë, instrument de l'envie,
Portant Socrate dans les cieux ; Et le premier consul , plus citoyen que père ,
Rentré seul par son jugement.
Aux pieds de sa Rome si chère Savourant de son cœur le glorieux tourment ; L'obole mendié , seul appui d'un grand homme ; Et l'Albain terrassé dans le mâle serment
Des trois frères sauveurs de Rome ' .
Un plus noble serment d'un si digne pinceau
Appelle aujourd'hui l'industrie.
Marathon ! tes Persans et leur sanglant tombeau Vivaient par ce bel art: un sublime tableau
I. Ces Ubkaux, la gloire de la peinture française, sont exposes, pour la plopart, au Musée du Luxembourg. {Noie de F Éditeur,)
Naît aussi pour notre Pfttrie ' .
Elle expirait; son sang était tari; sas flancs
Ne portaient plus son poids. Depuis mille ans A soi-même inconnue, à son heure suprême ,
Ses guides, tremblans, incertains, Fuyaient : il fallut donc, dans le péril extrême, De son salut la charger elle-mêiae.
Long-tems, en trois races d'humains.
Chez nous l'homme a maudit ou vanté sa naissance :
Les ministres de Tencensoir,
Et les Grands, et le Peuple immense.
Tous à leurs envoyés confiront leur pouvoir.
Versailles les attend. On s'empresse d'élire; On nomme : trois palais s'ouvrent pour recevoir
Les Représentans de l'Empire *.
1. A cette ëpoque, l'esquisse du tableau de David ëtait déjà coDOue du public ; une souscription particulière avait même été ouverte à ce sujet.
Le 28 septembre 1791» PAssemblée nationale , considérant que le ao juin 1789 est le jour qui a donne à la France une constitution libre, décréta , sur une motion de Barrère, que le tableau de Jacques - Louis David serait achevé aux fhds du tr^r public, et qu'il serait placé dans le lieu destiné va téanoes de l'Asitinrblée nationale. (Note de VÈcUteur.)
2. L'ouverture des États-Généraux eut lieu le 5 mai 1789, daus la vaste salle dite des Menus ^ à Versailles. Le lendemain parut une proclamation du Roi , portant que les Députés des trois ordi^s se réuniraient oe jour même dans la salle destinée à les recevoir ; mais \^ deux ordres privilégiés ne crurent pta iiviQM y
D abord Pontifes, Grands, de cent titres ornés, Fiers d'un règne antique et farouche.
De siècles ignorans à leurs pieds prosternés,
De richesses, d'aïeux, vertueux ou prônés.
Douce ÉgaHté! sur leur bouche,
A ton seul nom, pétille un rire acre et jaloux; Ils n'ont point vu sans effroi , saps courroux ,
Ces élus plébéiens, forts des maux de nos pères, Forts de tous nos droits éclaircis ,
De la dignité d'homme, et des vastes lumières Qui du mensonge ont percé les barrières.
Le sénat du Peuple est assis ' :
Il invite en son sein, où respire la France,
Les deux fiers sénats; mais leurs cœurs N'ont que des refus. Il commence :
Il doit tout voir; créer l'Etat, les lois, les n)œurs.
Puissant par notre aveu , sa maip sage et profonde
obtempërer; el ib VMsemblènHit séparément, cb«CQ|i dan» une^ salle particulière , pour s*y occuper de la vérification des pouvoirs de leurs députés. {Note de l'Éditeur,)
I. Le 17 juin 1 789 , les Dëputëa du Tiers-ëtat , réunis dans la salle des Ëtata-Génëraux, voyant les deux ordres privilégies rebelles auiL invitaiions réitérées qu*ijs leur avaient faites de se joindre à eux, déclarèrent l'œuvre cofumune de la restauratiou du peuple commeooée , et se coastitiMireni en Assenblée nationale, l Note de l'Éditeur. )
Veut sonder notre plaie , et de tant de douleurg Dévoiler la source féconde.
On tremble; on croit, n'osant encor lever le bras,
Les disperser par l'épouvante.
Ils s'assemblaient: leur seuil, méconnaissant leurs p<is, Les rejette; contre eux, prête à des attentats.
Luit la baïonnette insolente'.
Dieux! vont-ils fuir? Non , non : du peuple accompagnés,
Tous , par la ville ils errent indignés :
Comme Latone, enceinte, et déjà presque mère,
Victime d'un jaloux pouvoir.
Sans asile flottait, courait la terre entière.
Pour mettre au jour les dieux de la lumière.
Au loin ftit un ample manoir.
Où le réseau noueux, en élastique égide.
Arme d'un bras souple et nerveux ,
Repoussant la balle rapide.
Exerçait la jeunesse en de robustes jeux.
Peuple! de tes élus cette retraite obscure
I. Le ao juin 1789,163 dëputës du tiers-^tat, l'étant présentes à la porte principale de la salle des États, la trouvèrent fermée et défendue par des soldats. Ils se réunirent dans le jeu de paume de la rue Saint-François k Versailles; et là ils prêtèrent le serment solennel de ne point se séparer avant que la Constitution fût achevée et établie. (iVb/i? de l'Éditeur.)
Fut la Délos. O murs! temple à jamais fameux! Berceau des lois! sainte Masure!
!N 'allons pas d'or, de jaspe, avilir à grands frais
Cette vénérable demeure:
Sa rouille est son éclat ! Qu'immuable à jamais Elle règne au milieu des domcs, des palais;
Qu'au lit de mort tout Français pleure.
S'il n'a point vu ces murs où renaît son pays; Que Sion, Delphe, et la Mecque, et Sais, Aient de moins de croyans attiré l'œil fidèle;
Que ce voyage souhaité Récompense nos fils; que ce toit leur rappelle Ce Tiers-état, à la honte rebelle,
Fondateur de la Liberté; Comme en hâte arrivait la troupe courageuse
A travers d'humides torrens ,
Que versait la nue orageuse; Cinq prêtres avec eux ; tous amis , tous parens , S'embrassant au hasard dans cette longue enceinte; Tous jurant de périr ou vaincre les tyrans;
De ranimer la France éteinte ;
De ne le point quitter que nous n'eussions des lois Qui nous feraient libres et justes ;
lo LE JEU DE PAUME.
Tout un peuple, ioondaot j^isqu'aun faites» des toits, De larmes, de siletice, ou de confuses voix.
Applaudissant ces vœux augustes.
O jour! jour triomphant ! jour saint! jour immortel !
Jour le plus beau qu'ait fait luire le ciel Depuis qu'au fier Clovis Bellone fut propice ' !
O Soleil! ton char étonné S'arrêta ; du sommet de ton brûlant solstice Tu contemplais ce divin sacrifice.
O jour de splendeur couronné!
Tu verras nos neveux, superbes de ta gloire,
Vers toi d'un œil religieux
Remonter au loin dans l'histoire.
Ton lustre impérissable, honneur de leurs aieux , Du dernier avenir ira percer les ombres; Moins belle, la comète aux longs crins radieux
Enflamme les nuits les plus sombres.
Que faisaient cq)endant les Sénats séparés?
Jje front ceint d'un vaste plumage , < >u de mitres , di3 croix , d'hermines décorés * ,
I. Dans la fameiuie bataille de Tolbiac, remportée sur les Ger- «nains près de Gologn e , en 496 , et qui valut à la religion catholique la conversion du roi vainqueur. ( Note de V Éditeur, )
a. Ces détails sotit historiques. Foyez ^dsins les Mémoires de Ferriêrcs, tome I, la description des costumes divers prcscrils aux trois ordi^s. (Noie de t Éditeur.)
LE JEU DE PAUME, ii
Que tentaieat->iU d'efforts pour demeurer sacrés;
Pour arrêter le noble ouvrage; Pour n'être point Français; pour commander au]c lois ;
Pour ramener ces tems de leurs exploits Où ces tyrans, valets sous le tyran suprême ,
Aux cris du Peuple indiSerens, Partagaient le trésor, l'état, le diadème?
Mais l'Équité dans leurs sanhédrins même
Trouve des amis : quelques Grands , Et des dignes Pasteui*s une troupe fidèle,
Par ta céleste main poussés,
Conscience, chaste Immortelle!
Viennent aux vrais Français , d'attendre enfin lassés , Se joindre , à leur orgueil abandonnant les prêtres D'opulence perdus t des ^Nobles insensés,
Ensevelis dans leurs ancêtres.
Bientôt ce reste même est contraint de plier.
O Raison, divine Puissance!
Ton souffle impérieux dans le même sentier Les précipite tous ' : je vois le fleuve entier
I. Ces défections partielles et quotidieDDes amenèrent enfin la réuQÎoi» dm trois ordres. Elle cvt lieu le ^% mai 1789; et le lejMiemÎA «3 fut le jour ^%é peur la tenue d'une sdance royale. ^oyeM les journaux du tems et les Mémoires de FerriêreSy tome i.' { IVote de l'Éditeur.)
la LE JEU DE PAUME.
Rouler en paix son onde immense, Et dans ce lit commun tous ces faibles ruisseaux
Perdre à jamais et leurs noms et leurs eaux.
O France! sois heureuse entre toutes les mères.
Ne pleure plus des fils ingrats, Qui jadis s'indignaient d'être appelés nos frères : Tous revenus des lointaines chimères,
La famille est toute en tes bras.
Mais que vois-je?Ils feignaient. Aux bords de notre Seine
Pourquoi ces belliqueux apprêts?
Pourquoi vers notre Cité-reine Ces camps, ces étrangers, ces bataillons français, Traînés à conspirer au trépas de la France ' ? De quoi rit ce troupeau d'eunuques du palais?
Riez, lâche et perfide engeance;
D'un roi facile et bon corrupteurs détrônés.
Riez; mais le torrent s'amasse.
Riez; mais du volcan les feux emprisonnés Rouillonnent. Des lions si long-tems enchaînés
Vous n'attendiez plus tant d'audace ?
I . L'auteur veut parler ici de cette arinëe de dix mille hommes , rassemblée autour de Versailles et commande (Mir le comte de Belley, sous les ordres du maréchal de Broglie. Vùyéz les mêmes Mémoires. ( Note de V Éditeur,^
LE JEU DE PAUME. i3
Le Peuple est réveillé; le Peuple est souveraiu :
Tout est vaincu. La Tyrannie en vain , Monstre aux bouches de bronze, arme pour cette guerre
Ses cent yeux, ses vingt mille bras,
Ses flancs gros de salpêtre , où mugit le tonnerre :
Sous son pied faible elle sent fuir sa terre ;
Et meurt sous les pesans éclats Des créneaux fulmiuans, des tours et des murailles,
jQui ceignaient son front détesté.
Déraciné dans ses entrailles.
L'enfer de la Bastille, à tous les vents jeté, Vole, débris infâme, et cendre inanimée '; Et, de ces grands tombeaux, la belle Liberté,
Altière, étincelante, armée,
Sort. Comme un triple foudre éclate au haut des cieux. Trois couleurs dans sa main agile
Flottent en long drapeau. Son cri victorieux
Tonne : à sa voix, qui sait, comme la voix des Dieux, En hommes transformer Targile,
La terre tressaillit. Elle quitta son deuil ; Le genre hmnain d'espérance et d'orgueil
Sourit; les noirs donjons s'écroulèrent d'eux-mêmes; Jusque sur les trônes lointains
I. Cet évèneinent mémorable eut lieu le 14 juillet 1789. {Note deVÉdÙeur,)
i4 LE JEU DE PAUME.
Les tyrans, ébranlés, en hâte à leurs fronts blâmes, Pour retenir leurs tremblans diaddmes ,
Portèrent leurs royales mains.
A son souffle de feu, soudain de nos campagnes
S'écoulent les soldats épars ,
Gomme les neiges des montagnes; Et le fer ennemi , tourné vers nos remparts, Comme aux rayons lancés du centre ardent d'un verre. Tout-à-coup à nos yeux fondu de toutes parts.
Fuit et s'échappe sous la terre.
Il renaît citoyen ; en moisson de soldats
Se résout la glèbe aguerrie; Gérés même et sa faux s'arment pour les combats. Sur tous ses fils, jurant d'affronter le trépas,
x4.ppuyée au loin , la Patrie Brave les rois jaloux, le transfuge imposteur.
Des paladins le fer gladiateur.
Des Zoîles verbeux l'hypocrite délire.
Salut, Peuple français! Ma main Tresse pour toi les fleurs que fait naître la lyre. Reprends tes droits , rentre dans ton empire :
Par toi sous le niveau divin La (ière Égalité range tout devant elle.
Ton choix, de splendeur revêtu.
Fait les grands; la race mortelle
LE JEU DE PAUME. i5
Par toi lève son firônt, si long-^tems abattu. Devant les nations , Souverains légitimes, Os fronts, dits souverains, s'&baissent; la Vertu Des honneurs aplanit les cimes.
O Peuple deux fois né ! Peuple vieux et nouveau !
Tronc rajeuni par les années!
Phénix, sorti vivant des cendres du tombeau!
Et vous aussi, salut! vous, porteurs du flambeau
Qui nous montra nos destinées!
Paris vous tend les bras, Enfans de notre choix ' !
Pères d'un peuple! Architectes des lois!
Vous qui savez fonder d'une main ferme et sûre
Pour l'homme un code solennel , Sur tous ses premiers droits sa charte antique et pure, Ses droits sacrés, nés avec la Nature,
Contemporains de rÉtemel.
Vous avez tout dompté; nul joug ne vous arrête;
Tout obstacle est mort sous vos coups;
I. L'Assemblée nationale partit de Versailles, avec le Roi, le lo octobre 1789, et vint s'installer à Paris. Elle tint provisoirement ses séances à 1* Ansheyêdié ^ tet, le 9 nov«tfibre, eïit se tfanftpCnrta dans la salle dite du Manège^ près des Tuileries. Anj<mrd*hui cet emplacement est occupé par une partie de la rue de Rivoli. {Note de i'ÉdiUur.)
i6 LE JEU DE PAUME.
Vous voilà montés sur le faite.
Soyez prompts à fléchir sous vos devoirs jaloux. Bienfaiteurs , il vous reste un grand compte à nous rendre Il vous reste à borner et les autres et vous ;
Il vous reste à savoir descendre.
Vos cœurs sont citoyens : je le veux; toutefois
Vous pouvez tout : vous êtes hommes.
Hommes , d'un homme libre écoutez donc la voix ! Ne craignez plus que vous. Magistrats, peuples, rois,
Citoyens, tous tant que nous sommes!
Tout mortel dans son cœur cache, même à ses yeux,
L'ambition, serpent insidieux.
Arbre impur, que déguise une brillante écorce.
L'empire, l'absolu pouvoir.
Ont, pour la Vertu même, une mielleuse amorce. Trop de désirs naissent de trop de force :
Qui peut tout pourra trop vouloir.
Il pourra négliger, sûr du commun suffrage.
Et l'équitable humanité.
Et la décence au doux langage.
L'obstacle nous fait grands: par l'obstacle excité, L'homme, heureux à poursuivre une pénible gloire. Va se perdre à Técueil de la prospérité.
Vaincu par sa propre victoire.
Mais au peuple, surtout^ sauvez l'abus amer
De sa subite indépendance; Contenez dans son lit cette orageuse mer ; ^
Par vous seuls dépouillé de ses liens de fer,
Dirigez sa bouillante enfance.
Vers les lois, le devoir, et l'ordre, et l'équité,
Guidez, hélas! sa jeune liberté.
Gardez que nul remords n'en attriste la fête.
Repoussant d'antiques affronts , Qu'il brise pour jamais, dans sa noble conquête, Le joug honteux qui pesait sur sa tête.
Sans le poser sur d'autres fronts!
Ah! ne le laissez pas, dans la sanglante rage
D'un ressentiment inhumain ,
Souiller sa cause et votre ouvrage !
Ah! ne le laissez pas sans conseil et sans frein. Armant , pour soutenir ses droits si légitimes , La torche incendiaire et le fer assassin ,
Venger la raison par des crimes !
Peuple ! ne croyons pas que tout nous soit permis.
Craignez vos courtisans avides , O Peuple souverain! A votre oreille admis,
OEarret anciennes. ^
i8 LE JEU DE PAUME.
Cent orateurs bourreaux se nomment vos amis :
Ils soufflent des feux homicides.
Aux pieds de notre orgueil prostituant les droits,
Nos passions par eux deviennent lois; La pensée est livrée à leurs lâches tortures.
Partout cherchant des trahisons , A nos soupçons jaloux, aux haines, aux parjures, Us vont forgeant d'exécrable^ pâtures.
Leurs feuilles, noires de poisons, Sont autant de gibets affamés de carnage.
Us attisent de rang en rang
La proscription et l'outrage.
Qiaque jour, dans Farène, ils déchirent le flanc D'hommes, que nous livrons à la fureur des bêtes; Us nous vendent leur mort ; ils emplissent de sang
Les coupes qu'ils nous tiennent prêtes.
XVIU.
Peuple ! la Liberté , d'un bras religieux ,
Garde Fimmuable équilibre De tous les droits hunmins, tous émanés des Cieux. Son courage n'est point féroce et furieux ;
Et l'oppresseur n'est jamais libre.
Périsse l'homme vil! Périssent les flatteurs.
Des rois, du peuple infimes corrupteurs !
L'amour du souverain , de la loi salutaire ,
Toujours teint leurs lèvres de miel ;
LE JEU DE PAUME. t^
Peur, Avarice^ ou Haine, est leur dieu sanguinaire. Sur la Vertu toujours leur langue amère
Distille l'opprobre et le fieL Hydre en vain écrasé, toujours prompt à renaître;
Séjans, Tigellins, empressés
Vers quiconque est devenu makre ; Si, voués au lacet, de faibles accusés Expirent sous les mains de leurs coupables frères ; Si le meurtre est vainqueur; si des bras insensés
Forcent desJloils héréditaires;
Cest bien : fais-toi justice, ô Peuple soM'Ver^in !
Dit cette cour lâçbe €|t hardie.
Us avaient dit: c'est bien, quand, 1^ lyre à l^ ip^n. L'incestueux chanteur, ivre 4^ sang romaiiit,
AppUu4is49i^ ^ l'incendie ^ Ainsi de deijix pf^rtis 1^ areugle» conseils
Chassât la paix. CçM^t^aires , ^9is pi^eils , Dans un égal ahymç une ég^ç déipei^œ
I)e tous de^ux ^trawe Ifis pas.
L'un,yan4ale ^Uipide, en sçp l^mble arrogance, Veut être e^laye et des^ppte , et s'offense Q^e raoppçr soit hooiiteu^ et ^.