‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 2)Chapitre 4 sur 31 · I. Néron. Fnyez, cfams Saélone, la Vie de cet Empereur · texte numérisé non relu

I. Néron. Fnyez, cfams Saélone, la Vie de cet Empereur

ao LE JEU DE PAUME.

L'autre arme son poignard du sceau de la loi sainte; Il veut du faible sans soutien Savourer les pleurs ou la crainte.

L'un du nom de sujet, l'autre de citoyen,

Masque son âme inique et de vices flétrie ;

L^un sur l'autre acharnés, ils comptent tous pour rien Liberté , Vérité , Patrie.

De prières, d'encens, prodigue nuit et jour,

Le Fanatisme se relève.

Martyrs, bourreaux, tyrans, rebelles tour à tour; Ministres efTrayans de concorde et d'amour.

Venus pour apporter le glaive; Ardens contre la terre à soulever les cieux,

Rivaux des lois, d'humbles séditieux.

De trouble et d'anathème artisans implacables...

Mais oïl vais-je? L'œil tout-puissant Pénètre seul les cœurs à l'homme impénétrables. Laissons cent fois échapper les coupables.

Plutôt qu'outrager Tinuocent.

Si plus d'un, pour tromper, étale un faux scrupule;

Plus d'un , par les méchans conduit ,

Est vertueux bien que crédule.

De l'exemple éloquent laissons germer le fruit; I^ Veilu vit encore : il est, il est des âmes Où la Patrie, aimée et sans faste et sans bruit ^

Allume de constantes flammes.

LE JEU DE PAUME. ai

Par CCS sages esprits, forts contre les excès,

Rocs affermis au sein de Tonde , Raison, fille du Tems! tes durables succès Sur le pouvoir des lois établiront la paix.

Et vous, Usurpateurs du monde, Rois, colosses d'orgueil, en ^délices noyés!

Ouvrez les yeux ; hâtez-vous. Vous voyez Quel tourbillon divin de vengeances prochaines

S'avance vers vous : croyez-moi , Prévenez Touragan et vos chutes certaines ; Aux nations déguisez miçux vos chaînes ;

Allégez-leur le poids d'un roi.

Effacez de leur sein les livides blessures ,

Traces de vos pieds oppresseurs :

Le Ciel parle dans leurs' murmures.

Si l'aspect d'un bon roi peut adoucir vos mœurs; Ou si le glaive ami, sauveur de l'esclavage.

Sur vos fronts suspendu , peut éclairer vos cœurs

D'un effroi salutaire et sage ;

Apprenez la justice : apprenez que vos droits

Ne sont point votre vain caprice. Si votre sceptre impie ose frapper les lois , Parricides! tremblez; tremblez, indigues Rois!

La Liberté législatrice, La sainte Liberté, fille du sol français,

Pour venger l'homme et punir les forfaits , Va parcourir la terre en arbitre suprême.

Tremblez! ses yeux lancent l'éclair.

Il faudra comparaître, et répondre vous-même. Nus, sans flatteurs, sans cour, sans diadème,

Sans gardes hérissés de fer.

La Nécessité traîne , inflexible et puissante ,

A ce tribunal souverain

Votre majesté chancelante.

Là seront recueillis les pleurs du genre humain ; Là, juge incorruptible, et la main sur sa foudre, £Ue entendra le peuple ; et les sceptres d'airain

Disparaîtront, réduits en poudre.

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