‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 3)Chapitre 50 sur 58 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

de peq>étoer un tri abus? ScntfJ» Me mie m i , de b dignité des magâtrits amqucb woos coofierex Fadmimstiatian de b capitale de se Cure diraoteors de spectades, et de juger les qoereDes dn tripot ? Ces soins niinotienx et sans cesse renaissans ne sont-ils pas bits pour on entrepreneor? Vest-il pas juste, enfin. Messieurs, que €les citoyens qui déclament, qui chantent, qui dansent puUiqnement,, ne reconnaissent, comme ions les autres citoyens , d'antre autorité que celle des lois établies par rAsseroblée- nationale, et celle de h Municipalité, seulement en bit de police?

L*Opéra , dans Fanden régime, était chaigé d*nn déficit annuel , qui , cette année , dit-on , se monte à cent mille écus : c'est le roi qui combbit ce défiât. Or, comme l'argent du roi est l'argent du peuple, il s'ensuit que le peuple, en ce point comme en tous, payait les jouissances de l'aristocratie. Un paysan qui n'avait jamais entendu prononcer le nom de TOpéra contribuait de quelque chose au soutien de ce spectacle.

Grâce aux idées nouvelles , la France entière ne trouverait peut-être plus fort juste de payer pour qu'on chante à Paris. Quelques amateurs de l'Opéra voudraient donc, Messieurs, que cette espèce d'impôt fût payée par la Commune de la capitale; mais le peuple de la capitale peut-il être du même avis que ces oisifs? D'ailleurs, est-il dans les prin-

cipes que la Commune favorise particulièrement l'industrie de quelques citoyens? Cette faveur pour les uns n'est-elle pas une défaveur pour le reste ; et un impôt de cette nature , outre qu'il est révoltant comme impôt^ n'est-il pas révoltant comme, privilège?

Mais, vous dira-t-on, la Commune, eu se chargeant de l'Opéra , partagerait son bénéfice comme sa perte: et moi je vous dirai, Messieurs, que l'industrie des citoyens est leur propriété ; et que , s'il n'est pas juste que la Commune favorise particulièrement l'industrie de quelques citoyens, il n'est pas plus juste qu'elle enlève en partie la ré-^ compense de leur industrie.

Parmi la foule étonnante des absurdités vexatoires qui existaient avant la révolution dans ce pays de privilèges , une des plus ridicules y sans doute , était la contribution que tous les théâtres de Paris , excepté la Comédie française , payaient à l'Opéra, pour avoir le droit de chanter ou de danser: votre Lieutenant de maire provisoire semble penser que la Commune, en s'emparant de l'Opéra, pourrait conserver cette contribution. Ainsi , Messieurs , dans cette patrie nouvelle de la liberté, et, sans doute, en vertu de la déclaration des droits de l'homme, on ose vous demander s'il né serait pas juste de vendre aux citoyens la permission de chanter et de danser publiquement.

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