‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 4)Chapitre 157 sur 178 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

beaucoup. Le Portugal délivré de ses oppresseurs avec tant de courage et d'activité ; une révolution durable et complètement faite en quelques heures; une seule victime, Vasconcellos ; la multitude agissante , et soudain le calme rendu à cette multitude redevenue corps de nation : tout cela ne

semblait guère susceptible de ridicule. La duchesse de Bragance , qui parut si digne du trône que son époux lui dut en partie; le brave Alméida, véi'itable chef de l'entreprise, et qui, bien plus (|ue Pinto, en détermina le succès; le cardinal de Richelieu la favorisant de loin , non pour servir la nation portugaise , mais pour affaiblir la monarchie espagnole; des noms, des caractères, des motifs, des résultats d'un tel ordre, étaient dignes de la tragédie : aussi , dans l'ouvrage dont nous parlons , la scène où Pinto vient rassurer les conjurés saisis d'une terreur panique, et où il donne le signal de l'attaque , est de beaucoup la meilleure , précisément parce qu'elle est tragique : elle est tragique, parce qu'elle est essentielle au sujet. En ces derniers temps, le même écrivain, dans sa comédie de Plante ^ a imité quelques scènes de Plante lui-même ; mais une conception ingénieuse, et qui appartient à M. Lemercier, c'est de représenter le poète comique conduisant une intrigue réelle , faisant agir des personnages , et les peignant à mesure qu'ils agissent. L'esclave

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d'un meunier fonde la comédie latine! Le mérite de cette peinture originale n'a point échappé à l'attention des connaisseurs. Plus récemment encore, une action simple, un intérêt doux, des vers naturels, le talent d'une actrice charmante, ont fait applaudir X Assemblée de Fcanille ^ comédie en cinq actes de M. Ribouté. Il n'y a de force ni dans l'intrigue, ni dans le comique, ni dans le style; mais c'est un premier ouvrage; et le brillani succès qu'il a obtenu doit encourager l'autemr à marcher hardiment dans une carrière où ses pre* miers pas ont été si heureux.

Le ton faux et maniéré cj[\ii défigura long-temps la comédie a cessé d'être en honneur durant cette époque. Tous les auteurs que nous avons nommés, tous, excepté Demoustier, ont contribué plus ou moins à ramener le goût égaré loin de sa route. Trois poètes, cependant, M. Andrieux, Colin d'Harleville et Fabre d'Églantine, ont exercé à cet égard une influence spéciale. Nous nommons ici M. Andrieux en première ligne; et cela est juste : il a écrit avant les deux autres, comme nous l'avons déjà remarqué. Ses Étourdis sont même antérieurs à Tannée mémorable qui est notre point de départ. Il est assez difficile de concevoir comment et pourquoi Ton avait introduit sur la scène comique tant de madrigaux en dialogue, tant de recherche dans les pensées,

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