CHAPITRE m. m
4oîvent ch^rdier la vraie tradition, celle de l'auteur. Aî^i» le comique forcé, la profusion des jeux de théâtre, la manie d'ajouter au texte, les faux ornemens , le bégaiement étudié ^ le ton maniéré, la minauderie si contraire à la grâce, lui semblent également répréhensibles. Trop souyent dea comédiens, d'ailleurs habiles, ont fait applaudir, ces défauts qu'ils rendaient brillans; leur exemple est devenu nègle. On a bientôt composé pour eux des pièces qu'ils jouaient d'autant mieux qu'elles étaient plus join de la nature ; et ]§pT art, en s'égarant, égarait aussi l'art draloatique. M. Cailhava rend donc un double service, Im^u'il recommande aux acteurs la correctiim sévère qui seule convient à la scène française ; et les judicieux conseils qu'il donne à cet égard sont dignes d'être médités, soit par les élèves, soit même par les professeurs de l'école de déclamation.
S'il existe ui^ commentaire au-dessus de toute comparaison , c'est assurément celui que Voltaire Qous a donné sur Corneille. Là , presque toujpurB , les critiques sont des traits de lumière ; là , souvent une phrase renferme une théorie complète et quelquefois une théorie nouvelle. Mais, si le père de nptre théâtre ne fut jamais loué plus dignement et de plus haut^ il faut néanmoins le dire, on aperçoit de temps en temps une extrême
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rigueur dans la censure, de la dureté dans les formes; on entrevoit même, dans le fond de la doctrine , quelques erreurs mêlées aux leçons d'un maître: c'est ce qui a frappé M. Palissot, juge éclairé en matière de littérature. Il a publié une édition de Corneille, enrichie de notes judicieuses , qui modifient les décisions ou les expressions trop sévères da commentateur. Plus d'une fois "Voltaire y répond à Voltaire; et Ton y oppose à son autorité les principes qu'il a professés luimême , ou qu'il a suivis dans ses chefe-d'œuvre. On voit que l'éditeur n'a rien de commun -tfirec les ennemis de ce grand homme: personne, au contraire , n'a couvert de plus de mépris les F^ ron , les Sabatier , et tous les nains ridicules dé* chaînés encore aujourd'hui contre le géant du dernier siècle. Nous clevons même à M. Palissot une édition de Voltaire. Il est vrai qu'elle est moins complète et moins somptueuse que l'édition de Kehl ; mais on doit convenir qu'elle lui est supé-rieure,soit pour la correction du texte, soit pour la distribution des travaux: elle est surtout rc^ marquable par d'excellens discours placés à la tête des principaux ouvrages. On a vu reparaître encore , avec beaucoup d'additions et dechaiigemens, une des plus importantes productions de M. Palissot, ses Mémoires pour servir à l'histoire de notre littérature. Dans ces mémoi-