CHAPITRE III. ii
res, très -bien écrits, les talens qui ont illustré le xègne de Louis XIY sont appréciés avec autant d'iùipârtialité que de justesse : l'éloge toutefois n'est pas le partage exclusif des morts. Bien dif- £^nt en ce point d'un autre critique non moins célèbre ', et dont nous parlerons bientôt , l'auteur exerce une équitable bienveillance envers plusieurs de ses contemporains; mais, entrsdné dès sa jeuiie»ie dans une de ces guerres de |>lunie qui ont trop souvent a£Qigé la littérature, il y déploya beaucoup de talent, trop peut-être, car il en perpétua le souvenir; et l'ascendant d'une première démarche a quelquefois déterminé ses jugemens , comme il à ipflué sur sa destinée. Il n'est pas de ceux qm repoussent indistinctement tous les propagateurs de la philosophie moderne : on a vti quel respect il a pour Voltaire. Nul n'a rendu plus d'hommages aii laborieux, modeste et vertueux Bayle ; nul a'a plus vanté Montesquieu et Ji'J. Rousseau lui-même; ce qui paraîtra singiïli^y mais ce qui est toutefois rigoureusement vrai; nul enfin n'a loué de meilleure foi Fréret ,
Dttdos, Dumarsais, Condillad. Nous voudrions
pouvoir ajouter quelques autres talens de la même trempe, et que l'oii distinguera d'autant mieux que nous évitons de les nommer. On peut donc reprocher à M. Palissot de la partialité, tranchons le mot, de l'injustice à l'égard de trois
ŒaTves posthumes. III. O
ii4 LirrÉKATUBE FRANÇAISE.
ou quatre écf'ivains illustres^ et itont iJL eût mérité d être l'ami ; mais aucun homme sincère et judicieux ne lui contestera la pureté du goût, TâégBLXwe continue du style , le don très-rare de bien écrire en prose et en vers, d'exceller surtout dans ie vers de la comédie, et l'honneur d'avoir dès long «temps marqué sa phce entre nos premiers littérateurs.
Le droit de commenter les fables de La Fontaine appartenait sans doute au plus ingénieux de ses panégyristes ; mais les notes trouvées dans les papiers de Chamfbrt, et publiées sans qH'il ait eu le temps de les revoir, ne présentent que la première esquisse d'un commentaire tel qu'on pouvait l'attendre de lui« On y reconnaît cqpeoH dant la piquante finesse qui caractérisait ses. écrits et ses entretiens. Chamfort n'eut pas l'imagination féconde; mais il fîit doué d'un esprit très^flexiUe. Une tragédie , où souvent le style de Racine est heureusement rappelé, quelques scènes charmantes de la Jeune Indienne , plusieurs contes agréables et narrés avec précision: voilà ses titres comme poète. Il s'est encore plus distingué comme prosateur, soit par ses éloges ^ soit par son Marchand de Smyrne, petite comédie étincelante de bons mots, de traits plaisans et philosophiques. \ Sa manière est la même en quelques ouvrages qu'il a composés durant les dernières années de