CHAPITRE III
tesqueis on a distingué les articles sur le livre de Necker touchant la révolution française, sur le roman àe DelpJiine\, sur le Génie du Christianisme et sur la Correspondance nisse, recueil de lèttires qui serablsdent confidentielles , dont fa publication a dû paraître singulière , et dont nous aurons bientôt le regret de parler nous-mêmes. Deux fois la classe de littérature ancienne, à la(|uelie appartient M. Ginguené, Ta choisi pour rendre epmpte des travaux achevés o\\ entrepris par les membres qui la composent; deux fois il a justifié ee choix honorable, en déployant des connaissances variées, et, ce qui est beaucoup plus rare, ce talent de la véritable analyse qui sait tout dis- Iribuer et tout éclaircir. Depuis plusieurs années, le même écrivain s'occupe d'un ouvrage qui nous manquait, et qui, malgré son étendue, est déjà fort avancé. Ce n'est pas seulement l'histoire, c'est encore l'examen critique et complet de la littérature italienne. Des ft'agmens qu'il en a publiés, plusieurs pai-ties qu'il en a fait connaître au sein d'une assemblée nombreuse, ont inspiré beaucoup d'estime et une vive impatience de voir paraître l'ouvrage entier. Personne n'est plus en état que M. Ginguené de terminer avec succès son utile et vaste entreprise; car il a profondément étudié cette riche littérature, qui donna si long-temps à FEurope les seuls modèles jusqu'à-
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lors comparables aux modèles anciens , et doul le premier classique remonte à la fin du tretûème siècle , c'e8t-à-<lire , plus de deux aièeles avant Té* poque où les histcniens routiniers ont cru écvmt placer la renaissance des lettres.
Formé dès sa jeunesse à la critique Uttâraîre , La Harpe en ce genre obtint et mérita beaucoup de renommée. La première moitié de son Qmrs de liuémmre est estimée à juste tttre y surloat dims ce qui concerne la tragédie en France ^ et spécialement les tragédies de Racine et de Voltaire. Son Commentaire sur Racine fut rédigé dan» le même temps , quoiqu'il ait été publié beaucoup plus tard. Il n'y faut pas chercher ces théories lumineuses qui enrichissent le commentaire sur Corfieille; mats on y trouve les principes d'nn goût pur, et le sentiment réfléchi des beautés sans nombre du plus exquis de nos poètes. Tout ce qu'on peut reprocher au commentateur , c'est d'avoir donné trop d'importance à Luneau de Boisgermain, qu'il réprimande sans cesse, presr que toujours avec justice , soqvent avec une àpreté peu convenable. La dernière moitié du Cours de littérature a été composée durant notre époque : le style en est négligé , difiîis ; et , comme il s'agissait d'auteurs contemporains, les jugemens y sont en général plus que sévères. La partie relative à la philosophie du dix-huitième siècle abonde
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même en déclamations virulentes. La Harpe > autrefois partisan de cette philosophie, en devînt Tennemi acharné, quand son cœur fut touché par la gjrice : mais la grâce , en lui prodiguant la foi , ne lui avait donné ni l'équité ni la dialecti-* que. Aussi les sentences qu'il a portées contre les philosophes célèbres sont-elles cassées par le tribunal de Topinion publique; et, quand, par exemple , il combal; les deux idées fondamentales des livres d^elvétius, on voit, par ses propres arguoiens, qu'il s'est épai^né le temps et la peine de bien comprendre les opinions qu'il croit réfuter.
La correspondance russe exige plus de développement Thiriot jadia était à Paris le gazetier littéraire du roi de Prusse, Frédéric -le-* Grand: chargé du même emploi pour l'héritier du trône de Russie, depuis l'empereur Paul V^ ^ La Harpe, dans sa gazette payée, qu'il appelle Correspondance ^ sacrifie tous les écrivains de son siècle à une seule idole; et cette idole, c'est lui-même. L-J. Rousseau est le plus ingénieux des sophistes et le plus éloquent des rhéteurs ; Ruffon prononce à TAcadémie française deux discours du plus mauvais goût; les élog^ que lit d'Alembert lie sont que des ana rédigés par un homme d'esprit ; Thomas est monotone; trois prix remportés par M. Garât ne l'empêchent pas d'être plus fait pour
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la philosophie que pour Téloquence; encore s'agit-il uniquement de la philosophie moderne, comme on le voit dans une note amère, écrite après la conversion de La Harpe; Condorcet ne peut s'élever à l'éloge oratoire; et l'on a tort de l'appeler un beau génie ; mais il existe un homme , un seul homme qui mérite d'être ainsi nommé; qui n'est ni philosophe comme M. Garât, ni monotone à la manière de Thomas ; qui ne fait point des uria d'homme d'esprit comme d'Alembert; qui n'est point dé mauvais goût comme Bu£bn, encore moins rhéteur éloquent et sophiste ingénieux comme J.-J. Rousseau. Dans la carrière dramatique , Du Belloi , Lemière , Colardeau , Chanifort, Saurin, font très -mal de réussir, .et leurs succès sont arrangés; M. Ducis abuse du pathétique. Un seul homme, qui n'arrange point de succès, et qui n'abuse de rien, soutient l'honneur de la scène tragique ; les Barmécides , Jeanne de Naples, les Brames, tempèrent les émotions trop fortes qu'avaient causées Gabrielle de Vergy , OEdipe chez Admète, Macbeth et le roi Léar. Les poésies légères n'offrent plus cette politesse aimable qui les ornait dans le bon temps : heureusement la France possèçle encore un seul homme aimable et poli , qui fait dés couplets sur l'air de la Baronne, sur l'air de Joconde, sur l'air des Folies d'Espagne, sur l'air Réveillez -vous, belle