‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 4)Chapitre 45 sur 178 · CHAPITRE III. ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. ii

sa vie : ils font partie de notre époque , et tiennent au sujet que nous traitons dans ce chapitre. Yars le commencement de la révolution , il rédi-gea la partie littéraire du Mercure de France^ conjointement avec La Harpe et Marmontel ; mais il refusa de rendre compte ded spectacles , né voulant pas, comme dit le voit par une de ses lettres, avoir à traiter trois fois par mois avec une foule d*amours-propres aussi vigilans qu'ombrageux. Les principaux articles qu'on lui doit concernent les mémoire^ de Duclos sur la fin du règne de Louis XIV et sur la régence; les mémoires écrits par le duc de Richelieu , ou plutôt sous sa dictée, et la vie privée de ce courtisan, qui tra<^ versa presque en entier le dix-huitième siècle. Ces articles étendus ne sont pa^ des extraits vul>* gaires ^ oi| de longs passages transcrits amènent quelques réflexions banales. La critique se rend maître du terrain, rassemble et rapproche les événcmens remarquables , choisit les anecdotes , et , sans les altérer , les raconte dans le style qui leur est propre, mêle aux faits des considérations Sidral^ ou « politiques , et, par un tour nerveux èl rapide, par un trait saillant,^ souvent par un mot-, £ut ressortir le scandale et le ridicule où il les trouve. C'est nn art qu'il possédait ; et , durant h période histdrique qu'il avait à parcourir, la matière ne manquait pas à son talent. Ce genre

I rti LlTl'ERATURE FRANÇAISE.

iresprit ne brille pas d'un moindre éclat dans- Ics nombreux matériaux d'un livre où il voulait peimire les mœurs de son temps, livre qui, sHV était achevé, lui assurerait une place intermédiaireenti^La Bruyère et Duclos. C'est ailleurs que nous parlerons de son écrit sur les académies , puisque les formes, en sont oratoires , ^ qu'il fut composé' pour l'assemblée, constituante. Les compilateurs de Ci^lomnies. ont honoré de leurs injures la- mé« moire de cet écrivain: c'est un hommage qu*it mérite. Nourri dans les principes d'une raison affermie, par l'étude, Chamfort ne les abjura jif> mais. Il avait trop de justesse dans l'esprit, trop d'élévation clans le caractère,. pour s'abaisser à des palinodies honteuses. Voyant s'évanouir l'ai*sance dont il avait joui, les espérances qu'il avait pu concevoir, persécuté même au nom de la Ur berté par des hoiçmes qui. la détruisaient en rin*voquant, il. détesta les persécuteurs, mais il mé-' pripa les hypocrites'; il changea de fortune, et ne changea point de conscience.

M. Gingueué nous a donné une notice très-bien faite sur Chamfort, dont il était l'ami, et dont il a publié les oeuvres: il doit lui-même être comité parmi nos critiques les plus instruits et les plus sages. Xong-temps l'un des principaux rédacteurs du journal connu sous le nom de la Décaile^ il Ta enrichi de inorceaux pleins de mérite, entre

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