‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiques (volume 4)Chapitre 94 sur 178 · CHAPITRE VL aog · texte numérisé non relu

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l'éloquence du style, comme aussi pour celle des passions. En seconde ligne, un peu loin de la première , se présentent Marivaux , moins maniéré peut-être dans ses romans que dans ses comédies; mesdames de Tencin, de Graffigny, Riccoboni , qui se firent apercevoir sur les traces de madame La Fayette ; Duclos et Crébillon le fils^ qui se plurent à peindre des mœurs dont l'existence est restée problématique ; enfin Marmontel , dont le Bélisaire et les Contes moraux offrent des tableaux heureux , d'utiles préceptes et le mérite d'un bon style. On a remarqué plus récemment les Liaisons dangereuses de Laclos et le Faublas de Louvet. En composant Numa Pompilius , Floriân ne fit qu'augmenter le nombre des faibles copies de Télémaque : il fut plus heureux dans ses Nouvelles , et surtout dans lei^ pastorales d'Estelle et de Galatée. Ces compositions aimables, quoiqu'un peu fit'oides , eurent quelque temps la vogue; mais leur éclat pâlit bientôt devant les brillans ouvrages de M. Bernardin de Saint-Pierre. Déjà , par les Études de la Nature , cet excellent écrivain s'était acquis une renommée légitime : elle s'est beaucoup augmentée lorsqu'il a publié Paul et Virginie et la Chaumière indienne. Le premier de ces romans est un peu antérieur à l'époque où remontent nos observations ; si nous * en parlons ici, c'est imiquement pour rappeler

OEuTirs posthames. IH. l4

aïo LITTÉRATURE FRANÇAISE.

le prodigieux succès qu'il obtint, et qu'il a toujours conservé. C'est peu d'avoir protégé sur nos théâtres lyriques deux copies trop peu dignes de leur modèle : il a franchi les bornes de la France ; et partout il a réussi; car il a su partout émouvoir. L'intérêt d'une &ble charmante a réchauffé la tiédeur des traductions ; mais quel traducteur a pu rendre la couleur et la mélodie d'un pareil style? La Chaumière indienne a paru trois ans après : ce petit livre honore et embellit les temps dont nous écrivons Thistoire littéraire; il unit des vues philosophiques à tous les genres de mérite qui distinguent Paul et Virginie ; il respire une raison aimable, qui sent avec délicatesse, plaisante avec grâce, sourit même en s'attendrissant, ne prêche pas, mais persuade, et, toujours ferme avec douceur, reste inaccessible aux préjugés. Comme l'auteur peint tout ce dont il parle , Bénarès et les bords du Gange, et le temple de Jagrenat, si respecté des peuples de l'Inde! Comme il £aiit sentir le respect des Brames pour les Brames, et leur mépris pour le genre humain ! Comme il met bien en contraste l'orgueil ignorant d'un grand-prêtre , et la modestie éclairée d'un paria ! Comme il est simple avec élégance, soit dans le récit des amours du paria, soit dans le tableau des divers aspects que présente , au milieu de la nuit , l'intérieur à demi silencieux d'une grande

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