‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 118 sur 266 · ACTE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IL

Ah ! des chagrins pubUcs le tourmentent sans cesse ; Désormais tout Tappelle en ces paisibles lieux : Ses yeux y trouveront et sa mère et ses Dieux, Et son unique enfant, présent des destinées, Dont l'œil a déjà vu s'écouler cinq années; Sa tendre épouse enfin , que son cœur doit chérir, Aux regards d'un époux viendra souvent s'offrir. Caîus auprès des siens, si Caïus veut m'en croire. Connaîtra le bonheur, qui vaut mieux que la gloire.

GORirÉLIE.

Non, non, Licinia, n'abusez point son cœur; Parlez de son devoir, et non de son bonheur.

Voulez-vous, dites-moi, lorsque dans la tribune Et de Rome et du monde on règle la fortune, Qu'il soit dans ses foyers lâchement retenu.

Et qu'entré sur la terre il en sorte mcotma?

Les hommes tels que lui sont nés pour la patrie ; Il lut doit ses talens , ses travaux et sa vie : Jusqu'à son dernier jour qu'il s'enchaîne à l'Etat ; Qu'il abaisse les grands, qu'il résiste au sénat; Que du peuple sans cesse il prenne la défense : Un immortel renom sera sa récompense.

Il sait braver, attendre, et subir les revers; Et quand les sénateurs, ces tyrans, ces pervers. Feraient tomber sur lui l'exil et la mort même. Dans le sein de l'ôxS, à son instant suprême. Sans daigner accuser ses destins rigoureux.

Si la patrie est libre, il sera trop heureux.

' T78 GAIUS GRACCHU».

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