SCÈNE IV
GRACCHUS, FUÏ.VIUS.
GR ACGHUS.
Si tu dois triompher , je ne crains que la vie.
FULVIUS
Attendrons-nous , Gracchus, qu'elle nous soit ravie?
Quelques patriciens dont le cœur m'est lié
Par les nœuds toujours chers d'une tendre amitié ,
Trompant de leur sénat la rage criminelle ,
M'ont appris ses desseins par un récit fidèle.
Si la séduction avait pu t'avilir ,
Par le peuple en fureur on t'aurait fait punir.
GRA.CCHUS.
Que dis-tu ?
FULVIUS
Si ton cœur , zélé pour la patrie , Osait d'Opimius rejeter Fof&re impie , On devait publier un décret du sénat
aia CAIUS GRACCHUS.
Qui tous deux nous déclare ennemis de llËtat.
GRACCHUS
Le sénat..
FULVIUS
Il n'est plus de frein qui le retienne :
Ce décret met à prix et ta tête et la mienne.
GRACCHUS
Quel mystère d'horreur !
FULVIUS
C'est peu d'être proscrits ; Le sénat veut encor que nous mourions flétris. Les juges , préparant leurs arrêts redoutables...
GRACCHUS
Ils sont patriciens : nous serons tous coupables.
FULVIUS
Les prêtres, colorant ces desseins odieux...
GRACCHUS
Us sont patriciens : je sais l'avis des Dieux.