ACTE IV, SCENE IL
HÉLOÎSE.
Vous gémissez ! vous me glacez d'effroi.
Amélie...
ISàURK.
Apprenez...
HJÊLOlSK.
Dieu! votre cœur soupire !
ISAURÊ.
Ne craignez rien pour eUe.
HliLOÎSC.
Achevez ; je respire.
ISAURE
L'orage se prépare, et va fondre sur nous.
HELOÎSE.
D'où naît cette frayeur , et que redoutez-vous?
ISAURE
L'abbesse a vu de loin votre chère AméUe
S'enfuir avec horreur loin de ce cloître impie.
HÉLOlSE. ' .
Est-il vrai ? mon en&nt n'est donc plus en ces lieux ?
ISAURB.
Elle en est déjà Join.
HELOÎSE.
Soyez bénis , ô cieux !
Pour la première fois vous m'avez exaucée.
Quoi ! ma tendre Amélie... Elle n^est point blessée ?
ISAURE
Non , non ; tous les dangers ont respecté ses jours ;
3t8 FÉNÉLON.
Une invisible main lui prétait son secours.
S'arracfaant de vos bras, votre fiUe éplorée Quitte ce sombre abîme, éperdue, égarée, Traverse le jardin , vole , et sans balancer Sur le mur aussitôt je la vois s'élancer.
L'éclair est moins rapide , et d'un faible treillage Ses mains , ses pieds à peine agitaient le fisuillage. Monter, franchir le mur fut pour elle un instant; Je la cherche des yeux, je l'appelle en tremblant; Je ne la voyais point , et déjà , dans la rue, Sa voix me répondait quand je suis accourue.
Le ciel, a-t-elle dit, vient de me conserver; Ya rassurer mia mère , et je cours la sauver.
HÉLOÏSS.
O ma fille! 6 tfion sang! tu me rendras la vie!
ISAtrBS.
Des femmes de ce lieu craignez la troupe impie : Elles vont vous punir ; sans doute leurs fureurs S'efforceront encor d'augmenter vos malheurs.
ttitOÏSE.
Les augmenter ! l'enfer n'oserait y prétendre !
Dans ce noir souterrain je les entends descendre.
HÉLOÎSE.
Ma fille est loin d'ici ; je ne sens plus d'effroi.