ACTE III, SCÈNE III
Du moins , en terminant cet entretien secret , Il marchait vers ces lieux d'un regard satisfait. Près de vous, avec vous, je veux ici l'attendre. L'impure calomnie en vain se fait entendre ; Ses clameurs, trop souvent plus fortes que les lois, Ne pourront subjuguer ni mon cœur ni ma voix : Le bonheur que je veux n'est pas dans la puissance: Il est dans vos bontés et dans ma conscience. Ma grandeur, c'est la vôtre. Ah ! vivons désormais , Vous sur un trône encor pour verser des bienfaits ; Le Roi, pour oublier quelques momens d'ivresse, Pour rendre à vos vertus sa première tendresse ; L'indigent , pour vous voir et cesser de gémir. Et moi , pour vous aimer, vous plaire et vous servir.
ANNE DE BOULEN
Hélas ! à chaque instant , sur la moindre apparentée , Un cœur infortuné ressaisit l'espérance.
Je vous jugeais bien mal : me le pardonnez-vous? Mais ne différons plus : courons vers mon époux.