‹ Œuvres completes de M. J. Chenier: precedees de notices historiquesChapitre 210 sur 266 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

d'elmance.

Eh quoi ! prétendez-vous m'arracher mon amour ? Le pourrai-je oublier? Pensez- vous m'y contraindre? Je vois couler' vos pleurs! oui, vous deves me plaindre.

FBITELON.

Je pleure , mon ami , mais je ne vous plains pas.

On vous a d'Héloise annoncé le trépas...

Écoutez-moi.

d'elmance.

Grand Dieu ! qu'avez-vous à me dire ?

Détrompez-vous , d'Elmance : Héloîse respire.

d'elmance.

Elle respire ? O ciel ! est-il vrai ? dans quels lieux ? Courons , ne perdons pas des momens précieux. Mais peut-être j*en crois une vaine espérance.

FÉJSiihOTS.

De ces transports soudains calmez la violence ; Vivez pour être heureux ; vous êtes père , époux ; Héloise respire , ici , tout près de vous.

d'elmance.

Ici ! je suis époux ! je suis père ! qu'entends-je ? D'oïl vient dans mes destins ce changement étrange ?

Cette jeune novice...

d'elmaitce.

Eh bien !

FBN ÉLON.

Qui dans ces lieux Tantôt vint présenter sa douleur à nos yeux , C'est l'enfant dlléloise , et vous êtes son père.

d'elmiicge.

Où suis-je ?

Elle venait m'implorer pour sa mère Que la bonté du ciel a su nous, conserver :

C'est votre épouse enfin que Dieu vient de sauver.

d'elmaitgb.

Quoi! dans ce souterrain... depuis quinze ans^

FÉNÉLOlf.

Cestelie.

d'elm^nce.

O rage! ô fanatisme ! ô vengeance cruelle!

Quinzeans... mais elle vit...! quel heureux coup du sort! Si ce n'est qu'une erreur y vous me donnez la mort.

Ce n'est point une erreur. Je me suis fait instruire , Lorsque j'ai , dans ces lieux, pris soin de la conduire, Avant d'aller au temple oîi j'étais attendu.

Des princes d'Arlemont son père descendu N'eut qu'elle d'héritière aux rives de Provence ; On la nomme Hélolse ; elle épousa D'elmance.

d'elmance.

Ah ! déposons le poids de tant d'adversité :

Le malheur qui n'est plus n'a jamais existé.

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